Trois jours après le lancement du processus d’appel d’offres pour le Quartier Well Sud, un règlement a déjà changé.

Quartier Well Sud : Les 15 ans d’expérience ne sont plus exigées

Trois jours après le début du processus d’appel d’offres pour le Quartier Well Sud, la Ville de Sherbrooke modifie son approche. Une erreur de communication a fait en sorte que, dans l’appel d’offres initial, le promoteur-signataire doit avoir 15 ans d’expérience s’il veut que son projet soit considéré par la Ville. Maintenant, le promoteur doit avoir 10 années d’expérience.

« C’est peut-être quelque chose qui a échappé aux gens qui ont rédigé l’appel de proposition, indique la présidente du comité de revitalisation du centre-ville, Chantal L’Espérance. C’était partagé. Les élus hésitaient entre deux chiffres. Les discussions s’étaient arrêtées sur l’autre chiffre, pas sur 15 ans. Pour certains entrepreneurs, c’était plus facile de pouvoir faire la démonstration. On le change une fois, mais on ne le rechangera pas. On le change pour représenter ce que la majorité du conseil souhaitait.

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« Quand les fonctionnaires sont partis avec la commande, on s’est rendu compte qu’un petit bout leur avait échappé, poursuit-elle. C’est une petite erreur de communication ou de clarté par rapport au message. »

Pas question de désavantager les promoteurs sherbrookois. « On ne veut pas que les entrepreneurs sherbrookois soient exclus majoritairement de cet appel de proposition. On l’a ouvert à l’ensemble du Québec, c’était pour avoir plus de choix. Ce n’était pas pour éliminer les Sherbrookois », assure Mme L’Espérance.

« L’addenda est déjà fait, explique pour sa part le maire de Sherbrooke, Steve Lussier. On ne peut pas aller en bas de 10 ans par contre. Ce sont de gros budgets et de gros travaux. Ça prend vraiment un minimum de 10 ans d’expérience, c’est sûr à 100 %. »

Par contre, selon le maire, un promoteur peut s’associer avec quelqu’un de plus expérimenté. « Il peut s’associer avec quelqu’un qui a de l’expérience quand même. Dans d’autres villes, ça se fait aussi. On a quand même fait un effort, on est passé de 15 ans à 10 ans », explique-t-il.

De plus, toujours selon M. Lussier, un promoteur qui n’a pas assez d’années d’expérience peut tout de même soumettre son projet. « Ça n’empêche pas un entrepreneur de présenter son projet même s’il n’a pas son 10 ans. Après, ils ont juste à s’associer avec quelqu’un d’autre. On ne veut pas perdre de soumissionnaire là-dessus », confirme-t-il.

De son côté, Chantal L’Espérance n’a pas la même interprétation des choses. « Les années d’expérience sont une condition pour que le jury de sélection se penche sur le projet. C’est vraiment une condition de base », affirme-t-elle, confirmant par contre qu’il est possible de s’associer avec une autre firme.

Cependant, l’entreprise elle-même n’a pas besoin d’avoir 10 ans. « Si l’on prend une compagnie qui existe depuis six ans, mais qu’un promoteur qui travaille pour cette entreprise a assez d’expérience, le chiffre est atteint. Il faut que ce soit la personne avec l’expérience qui soit signataire », explique Mme L’Espérance.

Saluer l’effort

Le promoteur Philippe Dusseault salue pour sa part l’effort de la Ville.  « Je pense qu’on devrait être capables de travailler dans ces paramètres. On est peut-être sur la limite, mais c’est un détail. Si l’on arrive avec un projet qui est bien ficelé et qui correspond aux attentes de la Ville de Sherbrooke, je ne pense pas que ce soit le nerf de la guerre qu’il nous manque un an. Je pourrais être un promoteur qui a 30 ans d’expérience, mais qui a toujours levé des bungalows. Dans ce cas, je ne pense pas que j’aurais l’expérience nécessaire. Je pense que c’est la qualité du projet qui sera retenu », cogite-t-il.