Propriétaire d’un immeuble à logements dans le secteur universitaire, Chantal Boulanger s’inquiète que le Quartier expérimental nuise au marché locatif.

Quartier expérimental : l’UdeS ne menace pas le marché locatif

Avec son projet de « quartier expérimental », l’Université de Sherbrooke ne devrait pas concurrencer les établissements locatifs du quartier avoisinant. Il s’agissait de la seule crainte évoquée mercredi lors d’une séance de consultation à l’hôtel de ville concernant une modification au schéma d’aménagement pour des terrains appartenant à l’Université.

L’objectif de l’institution est d’obtenir un changement au schéma, et parallèlement un changement de zonage, pour le parc Innovation, situé devant l’école du Triolet. Des terrains à vocation industrielle de haute technologie, de recherche et de développement prendraient une vocation publique et institutionnelle. À court terme, un parc solaire et un complexe hydrologique devraient y être bâtis. À plus long terme, le concept de work, live and play, pourrait être déployé pour permettre certaines habitations et certains commerces sur le campus.

Trois citoyens seulement se sont présentés à la séance de consultation, mais Chantal Bélanger, propriétaire d’un immeuble locatif, s’inquiétait.

« Le logement serait assez limité sur le campus. Nous ne nous lancerons pas dans le développement domiciliaire à grande échelle. Nous visons des hébergements d’appoint pour les gens qui viennent pour plus qu’une semaine, mais moins d’une année, qui n’iront pas à l’hôtel et ne se loueront pas un appartement. Il pourrait aussi y avoir de l’hébergement expérimental, extrêmement branché, pour de l’expérimentation en domotique ou pour l’économie d’énergie », a résumé Jacques Viens, vice-recteur adjoint à l’Université de Sherbrooke.

« Nous n’avons pas assez de terrains pour faire du développement domiciliaire, et nous possédons déjà des résidences qui sont difficiles à rentabiliser. Plus il y aura de développement, plus il y aura de la pression pour des commerces d’appoint, peut-être une garderie, pour accommoder les gens qui étudieraient ou travailleraient dans le parc. »

La rue Galt en piteux état
Mme Bélanger en a profité pour déplorer l’allure de la rue Galt Ouest. « Ce n’est pas un quartier agréable. Je suis allée voir de quoi avaient l’air les milieux de vie de work, live and play de Saskatoon et Tucson. Là-bas, ça donne le goût de marcher un kilomètre pour aller manger au restaurant. La Ville s’intéresse au centre-ville, mais elle devrait aussi s’intéresser à la rue Galt. »

En matière d’échéanciers, Jacques Viens espère la construction du parc solaire et du complexe hydrologique pour novembre. Pour le reste, il n’y a rien dans les cartons. « Nous commençons à penser à un bâtiment de type industriel pour la recherche. Il serait subdivisible de façon malléable pour y installer les entreprises de l’ACET qui seraient de type manufacturières. Mais nous ne sommes qu’à l’étape de l’imagination. En attendant, nous souhaitons le changement de zonage, parce que les projets privés ont besoin d’un temps de réaction rapide et nous voulons être prêts. »

Le changement au schéma d’aménagement devrait être entériné par le conseil municipal le 22 mai et sera envoyé à Québec pour approbation. Il pourrait être en vigueur le 31 juillet. Une séance de consultation qui portera sur le changement de zonage est quant à elle prévue en juin.