La Ville de Lac-Mégantic est confiante qu’un promoteur va s’avancer pour construire un hôtel au centre-ville. « Nous avons une étude de marché pour un potentiel de 60 chambres », dit la mairesse Julie Morin.

Projet d'hôtel à Lac-Mégantic : « On laisse le marché libre »

L’appel de projets hôteliers à Lac-Mégantic n’a pas donné les résultats escomptés. Il permet toutefois à l’administration municipale de passer à une autre étape.

« On laisse le marché libre », résume la mairesse Julie Morin en se disant confiante que des promoteurs vont saisir tout le potentiel de son centre-ville en reconstruction.

Rappelons qu’en mai dernier, après cinq ans de délais et deux promoteurs impliqués, la Ville est allée en appel de projets pour « la réalisation d’un hôtel essentielle pour notre communauté et qui servira de levier à la relance économique du centre-ville », disait-elle.

Huit promoteurs se sont montrés intéressés et deux ont déposé une proposition dans le cadre de l’appel de projets qui se terminait le 10 juin. Ces deux propositions ont été rejetées pour des raisons techniques, explique Mme Morin, mais les promoteurs sont invités à poursuivre leurs démarches.

« Les projets étaient intéressants, mais (...) ils ont été jugés non conformes par nos avocats, dit-elle. Par souci d’équité, on a décidé d’annuler l’appel de projets. Maintenant on va travailler de gré à gré avec les promoteurs. Le premier qui sera prêt à faire une offre à la Ville sur un des terrains du centre-ville ira de l’avant. »

De fait, en assemblée publique mardi, les élus ont également décidé qu’il n’y aurait plus de réservation de terrains au centre-ville comme c’était le cas depuis bientôt cinq ans.

« Pour faciliter la reconstruction, on lève cette barrière-là et pas seulement pour le terrain de l’hôtel. Les réservations avaient peut-être leur raison d’être à l’époque, mais on croit que ce n’est plus nécessaire. Tous les terrains du centre-ville sont ouverts et les promoteurs vont devoir passer par le processus habituel du comité consultatif d’urbanisme pour en arriver à un achat de terrain. On ne change par le zonage ni les règlements. Ça va être comme partout ailleurs au Québec », explique la mairesse.

Deux promoteurs intéressés

Jusqu’en 2017, deux promoteurs locaux ont tenté tour à tour de faire lever un hôtel à cet emplacement. Ni Pierre Bédard ni Doris Roy n’ont déposé leur proposition dans le cadre de l’appel de projets, mais les deux restent intéressés, ont-ils confirmé à La Tribune.

Le dernier en lice, Doris Roy, déjà propriétaire du motel Le Quiet, sur la rue Laval, diverge d’opinion avec la Ville quant au nombre de chambres que l’établissement devrait compter.

Alors que la Ville s’appuie sur une étude de marché pour souhaiter un établissement de 60 à 70 chambres, M. Roy préfère s’en tenir à 40 chambres avec une deuxième phase de 20 chambres si la demande est là.

« Je suis toujours intéressé, précise-t-il. J’y crois au projet d’hôtel, mais la ligne est mince entre un projet rentable et un projet qui ne l’est pas. La Ville ne m’a pas contacté, mais ils ont mon numéro de téléphone s’ils veulent me parler. »

Pierre Bédard, quant à lui, était bien au fait de la décision des élus annoncée mardi soir, même s’il n’a pas voulu la commenter.

Il précise qu’il doit retourner vers ses partenaires et assure que son groupe se remet dans la course, maintenant que la réservation de terrain est levée.

« On est contents dans un sens, conclut Mme Morin, on voulait tester le marché avec notre appel de projets et on a senti que les promoteurs étaient très sérieux. Depuis cinq ans, il y a toujours eu des réservations de terrains qui complexifiaient les choses. Des personnes qui l’auraient voulu n’ont pas pu déposer des projets parce que les terrains étaient réservés par un autre promoteur. Maintenant ils vont pouvoir le faire. »