L’apport financier des deux paliers de gouvernement sera nécessaire pour que le projet se concrétise, a réitéré le président de l’ACFEM, Louis Villeneuve (à droite).

Projet de train Montréal-Sherbrooke: la sécurité au cœur des priorités

Des membres de l’Alliance du corridor ferroviaire Estrie-Montérégie (ACFEM) étaient réunis à Bromont, jeudi, afin de présenter le projet de train reliant Montréal et Sherbrooke au ministère des Transports du Québec, dans le cadre d’une consultation régionale sur le sujet. En marge de la rencontre, l’ACFEM a réitéré les grandes lignes du projet de longue haleine en voie de se cristalliser.

La sécurité demeure la priorité du projet de train, qui comprend des volets de transport de passagers et de marchandise. « L’Estrie et la Montérégie doivent pouvoir compter sur un transport ferroviaire sécuritaire, rapide, offert à une multitude d’usagers dans une cohabitation harmonieuse. Et je vous dirais qu’une catastrophe, c’est suffisant », a indiqué en point de presse le maire de Bromont et président de l’ACFEM, Louis Villeneuve, faisant référence à la tragédie de Lac-Mégantic.

À LIRE AUSSI : Déplacement de la gare de triage: un projet de 124 M$ à Farnham

À LIRE AUSSI : Le projet de liaison ferroviaire entre Sherbrooke et Montréal atteint 300 M $



Notons que l’Alliance, créée en juillet, regroupe plusieurs municipalités: Bromont, Farnham, Bedford, Eastman, Cowansville, Sutton, Lac-Brome, Magog et Sherbrooke. Elle compte également parmi ses membres les MRC Brome-Missisquoi, Memphrémagog et Val-Saint-François ainsi que des entreprises privées.

Budget

Le projet de remise à niveau des voies ferrées incluant entre autres le train reliant Sherbrooke et Montréal coûterait près de 300 millions $, ont dévoilé en juillet La Voix de l’Est et La Tribune. L’ACFEM garde le cap avec ce budget, a confirmé son président.

Selon le dernier rapport sur l’actualisation et la bonification des infrastructures logistiques ferroviaires entre les deux villes, produit par Bluejay Advisors en avril, des investissements de 124 millions $ seront nécessaires pour déplacer la gare de Farnham, de 91 millions $ pour la mise à niveau du chemin de fer et de 10 millions $ pour la construction d’une gare multimodale pour Sherbrooke et Magog, rapportaient également les quotidiens de Groupe Capitales Médias. La participation des villes a été estimée à 21,5 millions $.

Notons que « dans la description du projet, on indique que le train pourrait atteindre une vitesse maximale de 130 km/h entre Brossard et Bromont et de 100 km/h entre Bromont et Sherbrooke. » On peut également lire dans le document que le propriétaire de la majeure partie du chemin de fer, la Central Maine & Quebec Railway, ne veut pas investir pour mettre les infrastructures à niveau. L’entreprise américaine serait toutefois ouverte à les vendre pour 20 à 30 millions $, tout en préservant un droit d’exploitation.

L’apport de Québec et d’Ottawa est toutefois incontournable pour que l’initiative voie le jour, a réitéré en point de presse Louis Villeneuve.

Moratoire

La Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic a mis en demeure le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, « d’interrompre le transport de matières dangereuses entre Lac-Mégantic et Farnham tant que l’ensemble de ce tronçon n’aura pas été complètement réparé et inspecté rigoureusement par Transports Canada », a rapporté La Tribune. L’Alliance soutient-elle ce mouvement?

« Lac-Mégantic a vécu quelque chose d’effroyable. Je pense qu’on doit apprendre de ça. On est solidaires avec eux », a fait valoir le président de l’ACFEM, mettant toutefois un bémol.

« Mais, on ne s’inscrit pas dans un esprit de confrontation. On veut travailler avec tous les paliers de gouvernement. »