Le couvent des sœurs de la Sainte-Famille, véritable emblème sur la rue Galt Ouest, à l’embouchure du pont Jacques-Cartier, pourrait être vendu. Si le projet de 70 M$ des Services immobiliers First, baptisé Quartier Sainte-Famille, obtient l’aval des élus et de la population, ce sont entre 350 et 450 logements qui pourraient être construits sur le vaste terrain de plus de 100 000 mètres carrés au pied du mont Bellevue.

Projet de 70 M$ au Mont-Sainte-Famille

EXCLUSIF / Le couvent des sœurs de la Sainte-Famille, véritable emblème sur la rue Galt Ouest, à l’embouchure du pont Jacques-Cartier, pourrait être vendu. Si le projet de 70 M$ des Services immobiliers First, baptisé Quartier Sainte-Famille, obtient l’aval des élus et de la population, ce sont entre 350 et 450 logements qui pourraient être construits sur le vaste terrain de plus de 100 000 mètres carrés au pied du mont Bellevue.

La maison générale, qui vaut à elle seule plus de 10 M$, ne subirait pas de transformation majeure à l’extérieur et pourrait abriter un centre de données au sous-sol, des bureaux non structurants au rez-de-chaussée et des appartements aux étages. Des études sont en cours pour permettre d’y aménager des logements abordables.

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« La maison générale est un joyau pour les Sherbrookois. Nous pourrons sauvegarder le patrimoine religieux tout en densifiant le site. Nous nous sommes assurés que la percée visuelle sur le couvent demeure la même, c’est-à-dire qu’il n’y aurait pas de construction devant le bâtiment principal », explique Matthieu Cardinal, copropriétaire des Services immobiliers First.

Le projet complet prévoit l’ajout de 23 bâtiments dans lesquels se trouveront des logements et des commerces de proximité. Une piste multifonctionnelle reliant le stationnement du mont Bellevue, à la hauteur de la rue Lalemant, au campus de l’Université de Sherbrooke, par la rue du Montagnais, est aussi prévue, de même qu’une placette publique à l’intersection des rues Marie-Léonie et Galt Ouest. 

Il ne serait toutefois pas possible de pénétrer sur le campus en voiture à partir du nouveau quartier. Un long escalier relierait aussi la place publique à la maison générale. Une portion boisée de près de quatre hectares (39 000 m2) serait achetée par la Ville de Sherbrooke pour l’annexer au parc du Mont-Bellevue et assurer sa protection.

« SM a évalué la valeur écologique du terrain. La portion à protéger a une valeur écologique élevée alors que la zone à développer a une valeur faible parce qu’elle est majoritairement gazonnée. Le premier souci était d’avoir un gain social du point de vue écologique. »


« On crée un quartier qui desservira les citoyens de Sherbrooke qui voudront y habiter.  »
Matthieu Cardinal, promoteur

Les quatre hectares sont beaucoup plus grands que les 10 % qu’un promoteur doit céder aux fins de parc lorsqu’il propose un développement immobilier. Dans le cas actuel, le promoteur n’était pas soumis à cette règle (voir écran suivant).

Les sentiers multifonctionnels appartiendront aussi à la Ville. « De cette façon, aucun promoteur ne pourra empêcher les citoyens de passer par le quartier. Les pentes auront un dénivelé maximum de 8 % pour que les sentiers soient accessibles à tous. »

Copropriétaires des Services immobiliers First, Matthieu Cardinal et Christian St James prévoient ajouter 23 bâtiments, dont des logements et des commerces de proximité, autour du couvent des sœurs de la Sainte-Famille.

Séance d’information

Les transactions sont conditionnelles à l’approbation du projet. Une rencontre d’information est prévue le 10 juillet à 19 h 30, à la maison générale du 1820, rue Galt Ouest, avant que les élus ne se prononcent sur le changement de zonage nécessaire à la concrétisation du Quartier Sainte-Famille. Le promoteur, les urbanistes de la Ville de Sherbrooke et des élus seront sur place pour répondre aux questions.

« D’un point de vue urbanistique, on vient changer considérablement la rue Galt Ouest avec des trottoirs en banquette et des habitations. Il deviendra intéressant d’y marcher. Les bâtiments sur la placette seront destinés à des commerces de quartier. On se rapproche des grands campus habités. On crée un quartier qui desservira les citoyens de Sherbrooke qui voudront y habiter. »

Il n’est donc pas question d’y bâtir des résidences pour étudiants. Avec les appartements, on vise d’ailleurs une mixité des locataires. Les bâtiments auraient un maximum de cinq étages et l’intégration architecturale serait réalisée par contraste plutôt que par imitation. Les maquettes montrent d’ailleurs des immeubles largement vitrés, parfois avec un rappel de la pierre utilisée lors de la construction du couvent. Le terrain est situé dans une zone régie par un plan d’implantation et d’intégration architecturale.

Quartier vert

Si les croquis ne permettent pas d’apercevoir de larges stationnements, c’est que la topographie du terrain sera mise à profit pour qu’ils soient camouflés de façon naturelle. Le stationnement sur rue et un stationnement souterrain seront disponibles pour l’accès aux commerces.

Les promoteurs seraient prêts à amorcer la construction dès qu’ils recevraient l’aval du conseil municipal. Si les performances de location sont bonnes, les différentes phases se dérouleraient une à la suite de l’autre, sans interruption. « Selon nos études de marché, le site est qualifié de supérieur pour de l’habitation. Les prévisions d’absorption vont au-delà des performances que nous avons pu réaliser à Sherbrooke. Dès que les citoyens seront prêts, nous serons prêts. »

Enfin, une étude est en cours pour valider la possibilité de créer un écoquartier avec des boucles de chaleur, à l’image de la Cité Verte à Québec. Le réseau électrique serait enfoui, des lampadaires décoratifs seraient installés et des arbres seraient plantés.

Une page d’histoire

L’institut des Petites Sœurs de la Sainte-Famille s’est établi à Sherbrooke en 1895. Sœur Marie-Léonie et la communauté s’étaient installés sur la rue Peel avant l’érection d’une nouvelle maison mère sur la rue Galt Ouest en 1930. En 2015, la construction d’une autre maison répondant davantage aux besoins de la communauté vieillissante commence sur un terrain adjacent. La maison-mère devenue trop grande a alors été mise en vente en précisant que le projet de l’acheteur devrait obtenir l’aval de la communauté.