Le ministre du Travail, de l’emploi et de la Solidarité du Québec, Jean Boulet.
Le ministre du Travail, de l’emploi et de la Solidarité du Québec, Jean Boulet.

Programme de formation de 10 M$ chez Kruger

 Produits Kruger Sherbrooke investit près de 10 millions $ pour offrir quelque 200 000 heures de formation aux 180 employés de sa nouvelle usine du secteur de Bromptonville.

La directrice ressources humaines et exploitation de Produits Kruger, Nadia Lamothe, explique que ces employés, qui assureront la production de papier hygiénique ou essuie-tout, commenceront leur formation pratique en même temps que la mise en service des premiers équipements de production en juillet.

« C’est une formation diversifiée qui passe autant par les procédés de fabrication que les outils additionnels en mécanique, en électrique ou en automatisation. C’est une usine à forte valeur ajoutée et à la fine pointe de la technologie qui sera mise en fonction », signale Mme Lamothe.

Elle soutient que des programmes de formation sur mesure étaient essentiels pour connaitre le succès attendu lors du démarrage de l’usine qui a nécessité des investissements de 575 millions $.

« Nous voulons que nos travailleurs aient les outils requis pour être autonomes dans l’exécution des tâches d’opération. On vise à ce que cette usine soit ultra performante et très technologique. Nous voulons que cette usine soit parmi les meilleures usines de papier tissus au monde », soutient Nadia Lamothe.

C’est l’équivalent de 30 semaines de formation pour les nouveaux employés qui seront données en partenariat avec le Centre d’excellence en formation industrielle de Windsor. Depuis mars dernier, 80 employés ont entrepris cette formation. Au cours de l’été, 65 autres travailleurs bénéficieront des formations pour l’installation et la mise en service de la machine à papier ultramoderne dotée de l’une des technologies les plus avancées au monde.

« La formation a commencé en mars en mode virtuel pour la partie théorique pour s’adapter au contexte de la pandémie. Certains des employés qui avaient été mis à pied à notre autre usine ont levé la main et ont joint nos équipes. C’est une opportunité pour certains d’entre eux », mentionne Mme Lamothe.


Aide gouvernementale

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité du Québec, Jean Boulet, était sur place, jeudi, pour annoncer la contribution gouvernementale de près de 5 millions $ à cette formation personnalisée par l’entremise de la Mesure de formation de la main-d’œuvre à l’intention des entreprises.

« C’est un projet de formation qui a été initié par Kruger. Notre part de 50 pour cent sera payée au fur et à mesure du déroulement de la formation. Le rehaussement des compétences par la formation est au cœur de la relance économique. Nous sommes en discussion avec Kruger depuis le début de la construction de cette usine extrêmement intéressante sur le plan technologique. Elle aide Kruger à devenir une entreprise très compétitive. Nous allons travailler avec l’ensemble des entreprises qui veulent se développer par la formation au Québec surtout dans le contexte économique actuel », soulève le ministre Boulet.

Ce dernier souhaite que l’exemple de l’usine Kruger de l’arrondissement de Brompton puisse inspirer d’autres entreprises à aider leurs travailleurs à développer de nouvelles qualifications afin de devenir plus concurrentiels.

« Ce type de formation permet aux travailleurs de devenir plus qualifiés. On dit au Québec, et partout sur la planète, qu’il faut accélérer le virage technologique. Il faut ainsi permettre aux travailleurs d’acquérir les compétences qui vont leur permettre de mettre en application ces nouvelles technologiques. Le papier hygiénique et le papier essuie-tout qui seront produits ici font face à une demande extrêmement importante à l’échelle internationale. Kruger a acquis la technologie la plus avancée au monde. C’est important d’accompagner l’entreprise et tous les travailleurs nouveaux et actuels qui vont bénéficier de cette formation. Il y a une relance économique qui s’amorce au Québec, on la veut la plus efficace et la plus intéressante possible pour l’ensemble des travailleurs du Québec », soulève M. Boulet. 

Nadia Lamothe soutient avoir été surprise par l’engouement suscité par les postes offerts à la nouvelle usine de Produits Kruger Sherbrooke.

« Nous avons mis les bouchées doubles pour recruter de la main-d’œuvre. Le recrutement n’est pas complété. Il reste des postes ouverts. Les candidats n’ont pas besoin de posséder de formation initiale puisqu’ils vont recevoir une formation rémunérée qui est une belle façon de se qualifier », soutient Nadia Lamothe.

Lorsqu’elle aura atteint sa pleine capacité de production, la nouvelle usine de Produits Kruger Sherbrooke produira l’équivalent de 70 000 tonnes métrique de papier hygiénique et d’essuie-tout par année.

C’est l’équivalent d’un million de rouleaux par jour qui seront produits et distribués sous les diverses formes commerciales entre autres Cashmere et SpongeTowels.

Fermeture de l’usine voisine

Pendant ce temps, juste à côté, quelque 270 employés se trouvent au chômage alors que l’usine de la division papier journal et alimentaire de Kruger à Brompton est toujours fermée.

L’usine du secteur de Brompton produit du papier journal et des papiers de spécialité pour l’emballage alimentaire, dans une proportion de 50/50. Elle est engagée depuis moins d’un an dans une transition vers ce second créneau puisqu’elle enregistrait déjà avant la crise sanitaire une baisse de demandes pour le papier journal d’environ 13 pour cent par année.

Or avec le confinement de la population et la fermeture imposée des entreprises et des commerces non essentiels pour tenter de ralentir la propagation de la COVID-19, la détérioration des conditions de marché s’est accélérée, entraînant des impacts importants sur la rentabilité de l’usine de Brompton, située juste à côté de celle en construction qui produit dans un autre créneau.

Les employés sont toujours au chômage, trois mois après la fermeture de cette division. En avril dernier, la papetière n’était pas en mesure d’envisager une date de reprise des opérations ni même le modèle d’affaires dans lequel l’usine redémarrera.

Le syndicat des travailleurs affilié à la CSN n’a pas voulu commenter disant simplement qu’une rencontre était bientôt prévue avec la direction. Il ne voulait pas non plus commenter l’embauche à la nouvelle usine étant donné que c’est une division distincte chez Kruger. Avec Mélanie Noël