La baignade et le télétravail forment un mélange dangereux. C’est l’avertissement que la Société de sauvetage du Québec lance aux parents, alors que s’amorce la Semaine nationale de prévention de la noyade.
La baignade et le télétravail forment un mélange dangereux. C’est l’avertissement que la Société de sauvetage du Québec lance aux parents, alors que s’amorce la Semaine nationale de prévention de la noyade.

Prévention de la noyade: «on ne devrait pas combiner télétravail et baignade»

La baignade et le télétravail forment un mélange dangereux. C’est l’avertissement que la Société de sauvetage du Québec lance aux parents, alors que s’amorce la Semaine nationale de prévention de la noyade.

Selon un nouveau sondage Allstate du Canada, environ quatre parents québécois sur dix (43 %) possédant une piscine mentionnent qu’ils supervisent leurs enfants eux-mêmes, tout en travaillant de la maison. Cette donnée alarme Raynald Hawkins, le directeur général de la Société de sauvetage du Québec.

« On ne devrait pas combiner télétravail et baignade. Ce n’est absolument pas adéquat, lance-t-il en entrevue avec Le Droit. Une noyade peut se produire en 20 secondes. Vous n’avez pas le temps de répondre à un courriel en moins de 60 secondes. »

Selon lui, les parents devraient établir des périodes de baignade avec leurs enfants, selon leur horaire de travail, lors desquelles ils assumeraient le mandat de surveillance à 100 %.


« En plus, on est confinés. Avant par exemple, plusieurs Québécois allaient séjourner sur la frontière au sud du Québec ou encore sur la côte américaine. Cette année, ces gens-là sont demeurés au Québec, donc c’est certain que ça vient ajouter davantage de personnes près de l’eau, sur l’eau et dans l’eau. »
Raynald Hawkins

« L’idée est de prévoir des périodes où les enfants peuvent se baigner, et ce, peu importe l’âge, insiste-t-il. Les enfants entre 8 et 10 ans, habituellement, s’amusent à maintenir leur souffle sous l’eau alors que les adolescents, eux, s’amusent à sauter et plonger. C’est important d’être attentif à ce qui se passe. »

Une autre donnée du récent sondage a également attiré l’attention de M. Hawkins. Neuf pour cent des répondants ont affirmé qu’ils n’avaient pas du tout l’intention de surveiller leurs enfants, puisqu’ils estiment que ces derniers sont assez grands.

« Notre rapport sur les noyades démontre que 87 % des enfants victimes se sont noyés à l’insu même des parents, ou encore parce que la surveillance était distraite. Le meilleur sauveteur sera toujours le parent », souligne-t-il.

Hausse des noyades au Québec

La Société des sauvetages du Québec observe par ailleurs une hausse du nombre de noyades dans la province par rapport à l’année dernière. Jusqu’à présent, 42 noyades ou décès liés à l’eau sont survenus en sol québécois comparativement à 32 à pareille date l’an passé.

« De façon plus pointue, juste pour le mois de juin cette année, on compte 22 noyades ou décès liés à l’eau, contre 11 l’année passée », précise Raynald Hawkins.

Pour le DG de la Société de sauvetage du Québec, trois facteurs peuvent venir expliquer cette augmentation.

« D’abord, la température, dit-il. On ne se le cachera pas, il a fait extrêmement beau et chaud en juin. Un autre facteur qui vient contribuer est ce que j’appelle la loi de la mathématique. Étant donné qu’il faisait beau, les gens sont plus près de l’eau, sur l’eau ou encore dans l’eau. »

« En plus, on est confinés, poursuit-il. Avant par exemple, plusieurs Québécois allaient séjourner sur la frontière au sud du Québec ou encore sur la côte américaine. Cette année, ces gens-là sont demeurés au Québec, donc c’est certain que ça vient ajouter davantage de personnes près de l’eau, sur l’eau et dans l’eau. »

La Semaine nationale de prévention de la noyade débutera le 19 juillet prochain.

Assurer sa piscine

« En cas de noyade et de blessure, c’est plus au niveau de la responsabilité civile, les propriétaires de piscine sont tenus responsables. La responsabilité civile du contrat va protéger le propriétaire contre une action contre lui en cas de noyade, mais c’est certain que l’idéal c’est de prendre des mesures de prévention pour assurer la sécurité des lieux, comme désigner quelqu’un qui va surveiller les nageurs », prévient le directeur d’agence chez Allstate Canada, Carmine Venditti.

M. Venditti précise que pour ce qui est de l’aspect matériel des piscines ou des spas, peu de propriétaires sont convenablement assurés sans même qu’ils en soient conscients.

« Les polices d’assurance ne couvrent pas automatiquement les piscines. Il est conseillé que les gens communiquent avec leurs assureurs pour s’informer des protections qu’ils ont déjà sur leur police. »

Avec Jean-Simon Milette, Le Droit