Martine LeHoux, directrice de Femmessor Estrie, Nathaly Riverin, présidente et chef de la direction de Femmessor, et les conférencières Janie Duquette et Geneviève Everell ont assisté au colloque.

Pour que les femmes « osent » plus en affaires

Le nombre de femmes à la tête d'entreprises a explosé ces dernières années au Québec. Si pendant des années Lise Watier a pu servir de modèle de référence en matière d'entrepreneuriat féminin, le Québec compte aujourd'hui des dizaines de Danièle Henkel, Denise Verreault, Caroline Néron et Christiane Germain, pour rappeler aux femmes qu'elles peuvent, elles aussi, oser se lancer en affaires...
C'est ce que le 4e Colloque de Femmessor Estrie, tenu mercredi au Théâtre Granada, a voulu souligner en invitant parmi ses conférencières des dirigeantes, des leaders et des entrepreneures qui ont voulu faire une différence dans leur entourage.
Le colloque, qui a réuni près de 200 participantes, a permis à ces dernières de côtoyer des « femmes inspirantes » telles que Marie-Lise Pilote (Pilote & filles), Geneviève Everell (Sushi à la maison), Janie Duquette (Les 7 clés du leadership féminin), Marilyne Gagné (Dermapure), Ginette Desforges (Brio RH), Joanie Venne (Le Rigolo) et Marie-Eve Lejour (Savonnerie des Diligences).
Créée dans le but d'accompagner et d'encourager les femmes à se lancer en affaires, Femmessor compte aujourd'hui 17 sections régionales. L'entreprise rejoint 15 000 entrepreneures par années par le biais de colloques, d'ateliers de formation et de cliniques d'expertes.
Si la présence des femmes en affaires est aujourd'hui plus visible qu'il y a 30 ans, certains obstacles doivent encore être surmontés. À commencer par le démarrage d'entreprises, explique Nathaly Riverin, présidente et chef de la direction de Femmessor. « Ce qu'on constate encore aujourd'hui, c'est qu'à toutes les étapes du démarrage d'une entreprise, il y a toujours deux fois moins de femmes que d'hommes, note Mme Riverin. S'il y a un champ à développer pour qu'il y ait plus d'entrepreneurs globalement au Québec, c'est l'entrepreneuriat féminin. C'est pour ça qu'il y a tout un mouvement autour de l'entrepreneuriat féminin actuellement. Il faut encourager les femmes à entreprendre et à avoir de l'ambition en affaires », ajoute-t-elle au sujet du colloque régional
À l'heure où beaucoup de propriétaires d'entreprises québécoises envisagent de prendre leur retraite, la question du transfert d'entreprises et de la relève interpelle aussi un organisme comme Femmeessor.
« En Estrie, comme dans tout le Québec, on a le Centre de transfert des entreprises, qui est un partenaire de notre colloque. On travaille main dans la main avec eux. On travaille sur des projets de relève, des projets de croissance. Oui, il y a une problématique de relève. On veut que les femmes osent acheter des entreprises ici, en Estrie. Pour nous, c'est clair, il n'y en a pas assez... », déplore pour sa part Martine LeHoux, directrice régionale de Femmessor Estrie et propriétaire de l'Enseigne verte.
À celles qui hésitent encore à se lancer en affaires, Nathaly Riverin rappelle qu'il existe divers programmes leur permettant d'aplanir certains obstacles, y compris le financement : « On a un nouveau produit de financement qui nous permet de financer les entreprises dans lesquelles des femmes sont propriétaires à hauteur de 25 % et plus. C'est une bonne façon d'intégrer l'actionnariat d'une entreprise. Grâce à ce programme, on peut accompagner deux fois plus de femmes qu'auparavant », fait remarquer Mme Riverin.