La rue Wellington Nord pourrait-elle être tranformée en rue piétonnière durant la période estivale comme certaines rues commerciales d’autres grandes villes?
La rue Wellington Nord pourrait-elle être tranformée en rue piétonnière durant la période estivale comme certaines rues commerciales d’autres grandes villes?

Plus de place aux restaurants ?

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Autoriser les restaurateurs à utiliser l’espace public pour leur permettre de rouvrir en respectant la distanciation sociale et atteindre une meilleure rentabilité. L’idée se concrétise ailleurs dans le monde et au Québec et plusieurs souhaiteraient que la Ville de Sherbrooke aille dans cette direction. Mais les enjeux demeurent nombreux.

En Lituanie, le maire de la capitale, qui compte 500 000 habitants, a décidé de céder gratuitement l’espace public aux cafés et restaurantspour qu’ils puissent fonctionner. Ainsi, une vingtaine de places de Vilnius ont été transformées en terrasses de restaurants.

Plus près de nous, la Promenade Wellington dans l’arrondissent de Verdun à Montréal sera fermée aux automobiles cet été et deviendra ainsi complètement piétonne pour permettre un élargissement des terrasses. Les médias rapportent que d’autres projets de piétonnisation dans certains secteurs de Montréal pourraient aussi voir le jour cet été.

À Québec, le maire Labeaume a annoncé en avril que le nombre de places éphémères passera cet été de 25 à 50, que le tarif d’exploitation sera réduit à 50 $ (au lieu d’environ 3300 $) pour les 190 propriétaires de terrasses de restaurants et que des artères commerciales seront transformées en rues piétonnes pour permettre des débordements de terrasses sur la chaussée.

Pandémie ou pas, de la mi-juin au début septembre, les rues du centre-ville de Trois-Rivières s’animent chaque vendredi et samedi, entre 18 h et 22 h, et la rue des Forges devient piétonne. 

« C’est une idée populaire qui se jase un peu partout. Et Sherbrooke ne fait pas bande à part, car elle a mis en place un comité de réflexion pour justement analyser cette question et voir quelle forme cela pourrait prendre dans notre réalité sherbrookoise. Il ne faut pas copier ce que les autres font, c’est la première erreur qu’il faut éviter parce qu’on aura toujours des particularités liées à nos entrepreneurs, nos citoyens et notre territoire », explique le directeur de le planification et de la gestion du territoire à la Ville de Sherbrooke, Yves Tremblay, qui est conscient que tout changement créera une certaine résistance chez une portion de la population.

« On doit toujours tenter d’atténuer cette résistance ou ce mécontentement. Et c’est aussi pour ça qu’on ne doit pas improviser. On analyse les scénarios qui seront ensuite présentés au conseil pour voir s’il est prêt à dédouaner certaines pratiques », ajoute M. Tremblay, précisant que le travail du comité mis en place doit tenir compte des règles gouvernementales qui varient de jour en jour et selon les régions.

Ouvert à un débordement intelligent des terrasses

« Par exemple, on parle de terrasses, mais on ne sait même pas quand leur ouverture sera permise à Sherbrooke » note Philippe Cadieux, directeur du bureau de coordination du développement économique à la Ville.

Le comité pense présenter le fruit de ses réflexions au conseil municipal début juin.

« Nos réflexions devront tenir compte d’enjeux légaux, par exemple, l’obligation de facturer l’occupation de l’espace public. Il y a aussi des enjeux d’aménagement. On doit tenir compte de l’approvisionnement des commerçants. Par exemple, le côté ouest de la Wellington Nord, c’est une falaise, alors si la rue devient piétonne, il faut trouver une solution. On doit également penser à l’espace donné aux restaurateurs mais aussi celui offert aux autres types de commerce sur le territoire », énumère M. Cadieux pour imager la complexité de la chose. 

La conseillère municipale et membre du comité de développement économique Annie Godbout confirme que les élus, notamment le maire Steve Lussier, sont ouverts et enthousiastes au concept d’utilisation de l’espace public par les commerçants dans le contexte exceptionnel de la pandémie.