Philippe Cadieux devient le premier directeur du Bureau du développement économique de la Ville de Sherbrooke.
Philippe Cadieux devient le premier directeur du Bureau du développement économique de la Ville de Sherbrooke.

Philippe Cadieux à la direction du développement économique de Sherbrooke

Philippe Cadieux devient directeur du nouveau Bureau de coordination du développement économique à la Ville de Sherbrooke. À l’emploi de la Ville depuis trois ans et demi, il agissait à titre de conseiller en partenariat depuis deux ans.

La nomination a été annoncée la semaine dernière. Le rôle de M. Cadieux sera d’assurer la coordination et le soutien des travaux du comité politique de développement économique et de mettre en œuvre les nouvelles bases de la structure de développement économique à la Ville de Sherbrooke.

La Ville a arrêté son choix sur M. Cadieux parmi 71 candidatures.

Le conseiller Rémi Demers, qui faisait partie du comité de sélection, rapporte que Philippe Cadieux a réalisé un travail extraordinaire de mobilisation pour le développement du centre-ville. « J’exprime le souhait que nous puissions, considérant l’importance du centre-ville, mettre des mesures pour prévoir son remplacement. »

Le salaire de M. Cadieux sera puisé à même l’enveloppe du développement économique. Il ne s’agit pas d’un budget supplémentaire.

Sans s’opposer à la nomination du nouveau directeur, Paul Gingues trouve inapproprié de créer un nouveau poste à un moment où « des millions de Canadiens ont perdu leur emploi dans les dernières semaines ». Il souhaiterait que toutes les ressources soient déployées pour appuyer les petits commerçants sur le terrain.

Il souhaite par ailleurs que cette promotion de M. Cadieux se fasse à coût nul, soit par l’abolition de son ancien poste ou par son remplacement à l’interne.

Vincent Boutin croit pour sa part qu’il serait illogique d’abolir le poste de conseiller en partenariat, parce qu’on ne l’aurait pas suggéré si M. Cadieux n’avait pas postulé pour ce nouveau poste. « Si on veut être prêts à relancer l’économie après la crise, il faut faire ce travail et amputer des ressources irait à contresens de ce que nous voulons faire. »

Pierre Tremblay rapporte pour sa part qu’à l’origine, deux personnes devaient être embauchées au Bureau de développement économique. Il s’interroge sur le sort de cette deuxième personne.

Marie-France Delage, directrice générale adjointe, confirme qu’on prévoyait l’embauche d’un conseiller pour une période de deux ans. « Nous voulions doter le bureau d’une capacité de gérer la quantité de dossiers et du même coup gérer la relève. Le départ éventuel d’un employé à la direction adjointe faisait en sorte que nous avions prévu un plan de relève sur deux ans. »

Le candidat retenu a retiré sa candidature. « Nous avons donc une force de frappe moins importante pour relever les défis de la relance et du développement économique. »

Le poste laissé vacant par Philippe Cadieux sera quant à lui affiché. « Si le candidat postule à nouveau, sa candidature pourrait être considérée. »

Évelyne Beaudin croit que le Service du développement économique devra être considéré différemment des autres services. « Je veux qu’on se perçoive comme des donneurs d’ouvrage. Nous avons déjà des acteurs efficaces sur le terrain. Notre travail sera de coordonner l’action en développement économique. Notre rôle sera de financer une offre de services et non d’offrir nous-mêmes ces services-là. »

Chantal L’Espérance a indiqué que la Ville avait besoin de quelqu’un de rassembleur pour relancer le développement et que Philippe Cadieux était le candidat idéal.

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Les projets au centre-ville donnent une longueur d’avance à la Ville de Sherbrooke pour la relance économique, estime la nouveau président du Bureau de coordination du développement économique, Philippe Cadieux.

« Nous mettrons les bouchées doubles » - Philippe Cadieux

Les défis sont grands, mais la pandémie de COVID-19 est une occasion d’accélérer le changement de la vision économique de la Ville de Sherbrooke, rapporte le nouveau directeur du Bureau de coordination du développement économique à la Ville, Philippe Cadieux. La crise forcera la Ville à agir comme pivot, parmi les organismes de développement économique, un rôle qu’elle aspirait déjà à jouer dans la transformation amorcée l’an dernier. 

« J’aurai de grands défis, mais je suis sur mon X. Nous mettrons les bouchées doubles. Nous y arriverons, je n’ai pas de doutes là-dessus », dit-il. 

« Le contexte est difficile, mais nous avons des joueurs agressifs sur le terrain. La crise est devenue une occasion de se donner plus de temps, soit jusqu’au 31 décembre, pour fignoler les mandats de nos futurs organismes de développement économique. » M. Cadieux fait référence à Sherbrooke Innopole, à Destination Sherbrooke et au regroupement de Pro-Gestion Estrie, de Commerce Sherbrooke et de la CDEC. 

« Avec la crise, nos organismes se sont rapidement mis en action pour faciliter l’aide aux entrepreneurs. C’est une occasion pour nous de mieux assumer notre leadership municipal auprès de ces organismes. »

Philippe Cadieux explique avoir vérifié auprès des autres municipalités les mesures mises en place pour le développement économique. « Celles qui ont un bras économique interne ont une longueur d’avance pour la coordination parce que les gestes posés par chacune des instances sont en pleine cohérence avec les autres. »

Si M. Cadieux reconnaît qu’il reste des « choses » à attacher en matière de gouvernance, il rapporte que les organisations paramunicipales ont été très réactives quand est venu le temps de venir en aide à la communauté. « Nous avons déjà plusieurs outils en poche pour la relance. L’un d’entre eux est le développement de notre centre-ville. Nous avons des projets tangibles qui avancent. Nous sommes déjà dans l’action et nous deviendrons des pierres angulaires de la relance économique. Un changement de culture et de paradigme ne se fait pas sans faire de vagues, mais je sens que les gens sont prêts à y participer. »

Philippe Cadieux assure ne pas mettre des lunettes roses et se dit conscient du défi à relever. « Quand on parle aux autres municipalités et que je vois ce que nous sommes en train de faire, ça me rassure. Nous sommes à documenter les impacts de la crise, du confinement, et nous travaillons à un plan de relance qui nous permettra de jouer notre rôle de pivot. Nous pensons qu’avec les budgets importants consacrés au développement économique, nous aurons les ressources suffisantes pour nous relever. »

Le directeur du Bureau du développement économique insiste : les sommes sabrées à Destination Sherbrooke, Sherbrooke Innopole, Commerce Sherbrooke, Pro-Gestion Estrie, la CDEC et Espace-inc, 2,1 M$ en tout, continueront de servir le développement économique. « Dans les crises, la clé, c’est l’information. Nous nous assurons que chaque organisme puisse aller sur le terrain pour offrir l’accompagnement nécessaire aux entreprises. Nous savons que les dommages seront importants, qu’il faudra des années pour se relever, mais il y a aussi des occasions à saisir. Il faut se relever les manches. Si nous ne sommes pas capables de faire ça, c’est que nous ne sommes pas à la bonne place. »  Jonathan Custeau