Le professeur Nicolas Abatzoglou entrevoit d’autres retombées importantes pour le nouveau mandat de cinq ans octroyé à la Chaire Pfizer sur les procédés et technologies d’analyses en génie pharmaceutique dont il est titulaire.

Pfizer et l’UdeS unies pour cinq autres années

La compagnie Pfizer et l’Université de Sherbrooke ont souligné mardi le renouvellement, pour une troisième période de cinq ans, de la Chaire de recherche Pfizer sur les procédés et technologies d’analyses en génie pharmaceutique.

Ce troisième mandat arrive avec une contribution en équipements et ressources humaines de l’ordre de 2,69 M$ de Pfizer, une contribution en espèces de 1,65 M$ de Pfizer et de la Faculté de génie de l’UdeS, et un projet de construction de 900 000 $ au Parc innovation-ACELP pour doubler l’espace de travail disponible pour les activités de la Chaire.

« L’importante contribution de Pfizer à ce partenariat et la qualité du programme scientifique sont également soulignées par l’octroi d’une subvention de près de 1 M$ sur 5 ans du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRNSG) via le programme de recherche et développement coopérative », ajoute l’UdeS.

Le titulaire de la Chaire, le professeur Nicolas Abatzoglou, et son collaborateur principal, le professeur Ryan Gosselin, tout comme le directeur technologie et ingénierie mondiale de Pfizer Canada, Jean-Sébastien Simard, ont fait valoir le côté unique de ce partenariat, tant pour sa longévité que pour la synergie entre l’académique et l’industriel.

« On n’a pas d’efforts similaires au Canada et je peux me vanter qu’il n’y a pas beaucoup d’efforts similaires à travers le monde, a expliqué M. Abatzoglou en entrevue avec La Tribune. C’est une collaboration qui est très réussie parce que les deux entités se complètent. Elles n’agissent pas comme deux entités séparées avec des buts différents, elles agissent ensemble. Il y a des étudiants ici et des étudiants aux installations de Pfizer à Montréal. Il y a une communication quasi quotidienne entre les deux, selon les besoins, et ça fait en sorte que cette intégration produit des résultats supérieurs. »

La Chaire Pfizer a été créée en 2008 mais la collaboration entre les deux entités a commencé en l’an 2000 et s’est maintenue avec plusieurs projets de recherche ponctuels.

Ses résultats sont tangibles, selon le Pr Abatzoglou, qui pointe au premier chef le recrutement et la formation d’étudiants hautement qualifiés qui sont prisés par l’industrie mais n’omet pas de parler de retombées industrielles et sociales. 

« Plusieurs de nos travaux ont conduit au développement de nouvelles connaissances qui sont déjà publiées dans des articles scientifiques et techniques, et qui ont simultanément contribué à des applications industrielles et à des améliorations de procédés, expose-t-il. Ces dernières profitent également aux consommateurs parce qu’elles diminuent le coût des médicaments. »

La troisième phase de la Chaire, quoiqu’elle s’inscrive dans la continuité, sera aussi « substantiellement différente, car elle focalisera sur les procédés et leur intensification à l’aide des outils de technologie d’analyses de procédé » qui ont été développés.

« Quand on a créé la Chaire, rappelle le Pr Abatzoglou, c’était sous l’effet d’une directive de la Federal and Food Administration, suivie par Santé Canada, d’établir des technologies qui permettent un suivi de la qualité des procédés de fabrication pharmaceutique, ce qui n’existait pas vraiment parce qu’on faisait les contrôles qualité à la fin du processus. Maintenant, avec ces outils, ça permet de suivre la qualité dans toutes les étapes de fabrication. Les deux premières phases, c’était pour développer ces outils. La prochaine étape, c’est d’améliorer le procédé lui-même. »

« La réussite des travaux réalisés dans le cadre de cette Chaire de recherche placera le pays dans une position très avantageuse mondialement et permettra le renforcement du leadership québécois et canadien dans le domaine pharmaceutique », ajoute-t-il.

Agrandissement

La Faculté de génie a par ailleurs accepté de financer un projet de construction d’environ 900 000 $ au Parc innovation - ACELP, dans le cadre du renouvellement de cette Chaire de recherche, pour mettre à sa disposition un espace supplémentaire de 150 m2. Les locaux seront prêts au printemps et viendront doubler la superficie d’environ 115 m2 qu’elle occupe actuellement.

« Devant le succès des travaux antérieurs de la Chaire et devant la confiance qu’affichait notre partenaire envers l’Université de Sherbrooke, la décision n’a pas été difficile à prendre », a commenté le doyen de la Faculté de génie, le Pr Patrik Doucet.