Les candidats libéraux Guy Madore, Annie Godbout et Luc Fortin, accompagnés de Philippe Couillard.

Pénurie de main-d'oeuvre, le défi de l'heure

Philippe Couillard soutient que le manque de main-d’œuvre représente le défi économique que doit relever le Québec.

« Le problème économique n’est pas le manque d’emplois à 25 $ ou 30 $ l’heure. C’est le manque d’employés tout court. Il manque d’employés non spécialisés. C’est le défi économique du Québec », a soulevé le premier ministre sortant Philippe Couillard en table éditoriale à La Tribune.

La formation, la participation au marché du travail, l’automatisation et l’immigration font partie, selon lui, des solutions pour résoudre le problème de pénurie de main-d’œuvre. Il ne croit pas que la solution passe par une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure.

« Les économistes s’entendent tous sur le fait qu’il ne faut pas viser un chiffre, mais viser 50 pour cent du salaire horaire moyen de l’économie dans laquelle on est. Nous allons l’atteindre bientôt au Québec. Si l’on va au-delà de ce chiffre, c’est là qu’on tue l’emploi, surtout les emplois moins bien rémunérés. Je ne veux pas que les gens perdent leur job. C’est une question d’équilibre », estime M. Couillard.

Francisation en entreprise

Concernant l’accueil des immigrants, Philippe Couillard souhaite mettre l’accent sur la francisation en entreprise.

« J’ai des exemples concrets à Rotobec dans Bellechasse où les employés ont été formés en entreprise avec un suivi et des classes en entreprise. On gagne à intégrer les immigrants rapidement en emploi. Des agents du ministère de l’Immigration ont été placés chez Emploi Québec en Estrie. Il y a un nom, un visage et un numéro de téléphone pour eux. Avec une intégration en entreprise, les nouveaux arrivants se créent un réseau plus rapidement », signale Philippe Couillard.

Selon lui, il faut que les communautés se mobilisent pour faire venir plus d’une famille de nouveaux arrivants à la fois.

« Nous avons promis d’augmenter le soutien aux MRC et aux municipalités. Ils doivent avoir les moyens de participer à ça. C’est dans le milieu que ça se passe. C’est souvent en région que la pénurie de main-d’œuvre est plus marquée », mentionne M. Couillard en rappelant que les nouveaux arrivants font partie de la solution pour contrer la pénurie de main-d’œuvre.

Le premier ministre sortant explique que le fait d’attirer des entreprises permet d’offrir un taux de rémunération plus élevé et de contrer les bas salaires

« Contrairement à ce que dit M. Legault, ce n’est pas un coup de baguette magique qui détermine le taux de rémunération. C’est le niveau d’éducation et de diplomation postsecondaire des citoyens qui permet de hausser les salaires. Il y a une corrélation directe », soutient M. Couillard.

Il estime que son gouvernement a livré la marchandise en matière économique au cours du dernier mandat.

« Si j’avais dit en 2014 que l’on aurait le taux de chômage actuel en Estrie, on m’aurait dit que ça ne se pourrait pas », a souligné le premier ministre sortant, qui insiste sur le fait qu’en matière économique, le Québec récolte les fruits des efforts des dernières années.