L’homme d’affaires gatinois François Maréchal continue de suivre des formations et des cours à l’université afin de parfaire ses connaissances.

Pénurie de main-d'oeuvre: le bon poste, au bon moment

La pénurie de main-d’œuvre touche la grande majorité des industries du Québec. Des chefs d’entreprise optent pour la créativité quand vient le temps de contrer ce problème. Les six quotidiens du Groupe Capitales Médias ont répertorié une douzaine de « bonnes idées ». À lire jusqu’au 16 janvier.

L’homme d’affaires gatinois François Maréchal a vite compris que pour conserver ses meilleurs employés au sein de ses entreprises d’aménagement paysager et de rénovation, il devait y mettre du temps et des efforts.

Le domaine de l’aménagement paysager, avec ses emplois saisonniers, fait partie des secteurs de l’économie les plus durement touchés par la pénurie de main-d’oeuvre. C’est encore plus vrai dans une région comme Ottawa-Gatineau où les « métiers » sont peu valorisés par rapport aux nombreux emplois stables et bien rémunérés dans la fonction publique fédérale.

Dans ce contexte, les Entreprises Maréchal tirent plutôt bien leur épingle du jeu. La société a même remporté un prix Excelor de la Chambre de commerce de Gatineau, en 2016, pour sa gestion innovatrice des ressources humaines.

Même que les RH, c’est un peu la marotte de François Maréchal. Presque 17 ans après avoir fondé son entreprise, l’entrepreneur continue de suivre des formations et des cours à l’université afin de parfaire ses connaissances.

Au fil des ans, M. Maréchal a notamment mis en place un système qui permet aux employés de progresser à l’intérieur de l’entreprise. D’employé sur le chantier, ils peuvent aspirer à devenir contremaître, puis gestionnaire de projet et même associé. « L’important, c’est que nos gens puissent voir des possibilités d’avancement au sein de l’entreprise », résume M. Maréchal.

Il a aussi établi une échelle salariale qui permet à chaque employé d’être rémunéré au mérite. On favorise ainsi la rétention de personnel, tout en évitant des tensions à l’interne. Quand la situation économique le permet, l’entrepreneur verse aussi des bonis si les contrats sont réalisés dans les temps.

La recette est payante. Au fil des ans, trois employés sont devenus des associés. Certains d’entre eux ont même créé leur propre entreprise. François Maréchal raconte notamment l’histoire de Jason, qui s’est joint à l’entreprise au milieu des années 2000.

« Il a commencé à travailler pour nous il y a 11 ou 12 ans. À l’époque, il venait de quitter son giron familial. On avait accepté de l’héberger chez nous. Mais à certaines conditions : il devait notamment terminer son secondaire 5 – ce qu’il a fait. Puis, il y a 5 ans, on a un établi des objectifs avec lui pour qu’il devienne un de nos associés. Il a fini par lancer sa propre entreprise d’excavation. Quand tu regardes son cheminement, c’est très gratifiant », raconte M. Maréchal avec fierté.

Ressources humaines

Fait inusité pour une entreprise qui oeuvre dans le domaine de l’aménagement paysager, Entreprises Maréchal a créé son propre département des ressources humaines.

« Comme entrepreneur, tu ne peux pas porter tous les chapeaux, note M. Maréchal. Alors c’est tout nouveau de cette année, on a une personne qui s’occupe des ressources humaines. C’est ma conjointe, une ex-enseignante, qui s’en occupe. La paye, les évaluations de performance, des activités informelles et ainsi de suite, c’est elle. Elle encore qui rencontre les employés pour fixer les objectifs de performance ».

Avec une personne attitrée aux ressources humaines, Entreprises Maréchal peut donc apporter un soin particulier à l’embauche de nouveaux employés. « La rétention de personnel, elle commence dès l’embauche. Il faut bien profiler les candidats et se doter d’un bon processus de sélection », résume-t-il.

Là aussi, la société obtient des résultats intéressants. Sur les quatre nouvelles embauches faites au début de la saison 2017, quatre employés sont restés jusqu’à la fin. Dans le lot, un malentendant et une travailleuse de chantier.

« On est prêt à les former à partir de zéro parce qu’on les choisit en fonction de leur attitude, pas seulement de leurs compétences, explique M. Maréchal. On cherche des gens qui sont souriants, avec qui on a du plaisir à travailler. Pour nous, c’est un gage de stabilité. »

« Investir dans la planification de carrière, c’est important pour nous, poursuit M. Maréchal. On veut croître avec nos gens. Plus un employé est heureux, plus il occupe le bon poste, au bon moment, plus il fera un bon travail. Et au final, ça se reflétera sur la qualité de nos produits et services. »