Nouvel accord de libre-échange: une entente salutaire pour l’Estrie

WATERVILLE — Le nouvel accord de libre-échange nord-américain apporte de bonnes nouvelles pour l’industrie automobile en Estrie, qui représente 2000 emplois directs.

La ministre Marie-Claude Bibeau s’en est faite la messagère, lundi matin, à l’usine Waterville TG, où elle est venue vanter les concessions obtenues dans le domaine de l’automobile par son gouvernement dans la négociation de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) qui a été ratifié le 1er octobre dernier pour remplacer l’ALÉNA.

Tout sourire après sa visite des installations de l’imposante usine, Mme Bibeau s’est jointe aux dirigeants de la multinationale pour s’adresser aux employés de l’usine.

« On a plusieurs choses à célébrer quant au nouvel accord de libre-échange. C’est une industrie entière qu’on a réussi à sauver avec cette nouvelle entente », a lancé d’emblée Mme Bibeau.

« On dit souvent que l’industrie de l’automobile, ça concerne seulement l’Ontario. Ça représente pourtant plusieurs emplois au Québec, dont 2000 directement ici en Estrie. »

Parmi les gains à célébrer pour les manufacturiers de composantes automobiles et leurs employés, il faut noter deux obligations importantes auxquels les constructeurs automobiles doivent se plier, pointe la ministre du Développement international et députée de Compton-Stanstead.

« Nous avons réussi à obtenir deux concessions majeures de la part des États-Unis. Tout d’abord, il a été convenu que 75 % des composantes utilisées dans la construction des automobiles doivent provenir de l’Amérique du Nord. De plus, 40 % des composantes utilisées doivent avoir été produite par de la main-d’œuvre gagnant au-delà de 16 $ de l’heure, ce qui enlève beaucoup de pression sur les entreprises d’ici et leur permet d’être compétitives face à celles qui ont de la main-d’œuvre à prix microscopique. Les syndicats se sont d’ailleurs réjouis de cette nouvelle », détaille-t-elle.

Une crise évitée de justesse

Le président de la Waterville TG, Benoit Tétreault, n’est pas passé par quatre chemins pour exprimer l’importance de cette nouvelle entente pour l’entreprise qu’il dirige ainsi que pour ses 800 employés.

« Cette nouvelle entente nous permettra de continuer vers l’avenir, a-t-il témoigné. 90 % de nos produits auraient été touchés si les sanctions américaines avaient été maintenues, ça aurait été une véritable catastrophe pour nous tous. On peut affirmer aujourd’hui que nos emplois sont sécurisés et qu’il y a possibilité d’en ajouter dès l’an prochain. »

La mairesse de Waterville Nathalie Dupuis se réjouit elle aussi de ces nouvelles encourageantes, les qualifiant de rassurantes pour une municipalité qui dépend largement de ce secteur de l’économie.

« C’est vraiment un joueur majeur, il ne faut pas oublier que c’est la maison-mère nord-américaine ici à Waterville. Quand l’industrie automobile va moins bien et qu’il y a des surtaxes, tout le monde est sur les nerfs. Même si l’incertitude régnait, on était sûrs qu’une bonne entente allait être adoptée », a-t-elle assuré.

Gestion de l’offre

La ministre Bibeau n’a pas tenté de fuir l’éléphant de la pièce lors de son allocution, celui de l’ouverture du marché canadien aux producteurs laitiers américains. C’est le premier sujet qu’elle a abordé, avant même de parler des bonnes nouvelles pour l’industrie automobile.

« Nous sommes fiers d’avoir protégé le système de la gestion de l’offre, a confié la ministre. C’est à reculons que nous avons dû faire de petites concessions, mais nous sommes néanmoins fiers d’avoir réussi à sauver la gestion de l’offre. »

« Il faut éviter de mettre l’accent sur cet aspect de l’entente, car de grands progrès ont été accomplis sur d’autres fronts, comme dans l’industrie de l’automobile », conclut-elle, en précisant que les modalités des compensations gouvernementales allaient être discutées plus tard. 

La ministre Marie-Claude Bibeau a vanté les gains réalisés par l’industrie automobile canadienne dans l’Accord États-Unis-Mexique-Canada devant des dirigeants de Waterville TG et deux sous-traitants. Il s’agit de Éric Bélanger, de LWB/ISE à Magog, Hiroyasu Kozawa, aviseur corporatif et vice-président exécutif, Benoit Tétreault, président, Patrick Cloutier, directeur général corporatif, et Laurraine Lemieux, de Multi X à Coaticook et Windsor.