La municipalité de North Hatley a toujours l’intention de permettre la réalisation d’un projet immobilier d’envergure sur des terrains situés près du lac Massawippi et de la rivière du même nom. Les immeubles qui seront potentiellement construits verraient le jour sur des terrains situés à l’arrière des immeubles qu’on aperçoit sur cette photo.

North Hatley garde le cap sur son projet immobilier

La municipalité de North Hatley a toujours l’intention de permettre la réalisation d’un projet immobilier d’envergure sur des terrains situés près du lac Massawippi et de la rivière du même nom. Elle ignore cependant quelle sera la décision du gouvernement du Québec face à ses plans.

Le maire Michael Page confirme que North Hatley souhaite encore autoriser la construction d’immeubles locatifs sur des terrains se trouvant au cœur du territoire municipal, en zone inondable. Un décret gouvernemental d’une durée de 18 mois qui touchait des localités ciblées a obligé la municipalité à faire preuve de patience, mais le moratoire imposé s’est terminé en janvier.

« Le moratoire est maintenant levé. Pour le moment, on n’a pas de nouvelle du gouvernement provincial. On est en attente et on comprend qu’il y a un nouveau gouvernement à Québec, ce qui peut avoir un impact sur les décisions à venir concernant la construction en zone inondable. Mais notre projet demeure », explique M. Page.

Pour qu’un projet immobilier soit permis dans la zone ciblée, la MRC de Memphrémagog devait élaborer un plan de gestion de la zone inondable concernée et l’acheminer à Québec pour approbation. Ce travail a été effectué en amont de l’imposition du décret gouvernemental, annoncé dans la foulée des inondations majeures survenues au printemps 2017 au Québec.

« Juste avant le décret du gouvernement, on était sur le point de recevoir l’approbation de Québec après une analyse de notre proposition réalisée par une série de ministères. Le document monté tient compte des changements climatiques et prévoit l’application de normes sévères lors de la construction », assure Michael Page.


«  On n’est plus à la même place aujourd’hui.  »
Michael Page, maire

Si Québec donne le feu vert à North Hatley, la municipalité dévoilera subséquemment le plan particulier d’urbanisme (PPU) qu’elle a concocté pour encadrer le développement à l’intérieur des limites de la zone ciblée.

« Notre PPU est prêt, mais c’est possible qu’on le retravaille avant de le rendre public. Il est donc trop tôt pour dire ce qu’il contient. J’ose croire par contre qu’il rassurera les gens. Vous savez, un projet avait été proposé par un promoteur qui avait un rêve et, avec le temps, les choses ont évolué. On n’est plus à la même place aujourd’hui. »

Le projet auquel M. Page fait référence provenait du promoteur Richard Laliberté. Les autorités municipales de North Hatley envisageaient de lui permettre de construire un édifice de cinq étages et plus de 200 unités d’habitation.

Levée de boucliers

Le dévoilement du projet de M. Laliberté dans le village avait provoqué une levée de boucliers. Les opposants jugeaient que le promoteur risquait de défigurer le centre de la localité en bâtissant un nombre trop grand d’unités d’habitation et en érigeant un immeuble qui aurait été trop haut comparativement aux édifices existant dans le cœur villageois.

La MRC de Memphrémagog a récemment adressé des questions au gouvernement provincial concernant ce dossier, mais elle reste en attente des éclaircissements désirés. D’ailleurs, le plan de gestion de la zone inondable qu’elle a élaboré ne s’applique pas encore.

Le député d’Orford, Gilles Bélanger

Gilles Bélanger inconfortable

Le député d’Orford, Gilles Bélanger, ne fait pas de cachette : le désir de la municipalité de North Hatley de permettre un projet d’envergure dans une zone fréquemment inondée ne l’enchante guère.

« Je ne suis pas tellement en faveur de la construction en zone inondable, concède d’entrée de jeu M. Bélanger. Et puis on parle d’un projet avec une forte densité de résidants. Je ne peux pas dire que je suis totalement contre ce que North Hatley veut faire, mais j’ai des réticences et beaucoup de questions. »

Le représentant de la circonscription d’Orford fait valoir que la construction en secteur inondable est une mauvaise idée alors que le climat se transforme à l’échelle de la planète. « Ça ne va pas aller en s’améliorant, les inondations », lance-t-il.

Gilles Bélanger aimerait que son gouvernement tienne une commission parlementaire afin d’approfondir la question de la construction en zone inondable au Québec. « Il faut se souvenir que c’est de l’argent public qui paie, bien souvent, quand des inondations ont lieu. Alors pourquoi ne pas changer certaines pratiques? »

M. Bélanger affirme avoir reçu de nombreuses informations concernant le projet de North Hatley. Mais il reconnaît avoir été principalement sollicité par des opposants plutôt que des gens favorables.

Le député est conscient que la municipalité de North Hatley recherche des revenus additionnels afin de diminuer la charge fiscale de ses contribuables actuels. Il laisse cependant entendre que cela ne constitue pas une raison valable pour aller de l’avant avec un tel projet.