Le directeur du SPCIS, Stéphane Simoneau, à droite, a présenté lundi à l’hôtel de ville la nouvelle règlementation sur le dynamitage à Sherbrooke. Il était accompagné par le chef de la division de la gestion des risques, Dany Robitaille, et par Me Alexandre Roussel-Canuel.

Monoxyde de carbone : Sherbrooke serre la vis aux dynamiteurs

Afin d’éviter les intoxications au monoxyde de carbone, le Service de protection contre les incendies de Sherbrooke (SPCIS) propose un projet de règlement qui forcera les entrepreneurs à se munir d’un permis avant de procéder à des activités de dynamitage. Loin de vouloir se lancer dans les visites de chantier, le SPCIS suggère surtout l’usage d’explosifs de plus grande qualité et la distribution de détecteurs de monoxyde de carbone aux résidants vivant près des zones de dynamitage.

Les intoxications au monoxyde de carbone peuvent causer des maux de tête ou des nausées, des symptômes qui n’incitent pas nécessairement les personnes exposées à quitter les lieux ou à consulter un médecin. Elles peuvent potentiellement être mortelles.

« Avec la configuration du sol, ça fait en sorte que nous avons une récurrence des problèmes lors des travaux de dynamitage. Des gens avaient des malaises à la suite de mauvais travaux, de normes qui n’étaient pas suivies. La législation est presque inexistante. Nous avons rencontré l’ensemble des entrepreneurs qui font du dynamitage dans notre région et nous leur avons exposé notre problématique et notre solution. Tout le monde semble d’accord avec l’orientation que nous prenons », rapporte Stéphane Simoneau, directeur du SPCIS.

L’action du Service de protection contre les incendies passera par l’émission d’un permis au coût de 150 $. « Ça nous mettra en relation avec l’entrepreneur pour confirmer toutes les règles que nous avons. Le message est fort, mais on ne cherche pas à prendre les gens en défaut. C’est un nouveau jour dans le domaine du dynamitage parce qu’il est clair qu’on s’en allait vers des accidents peut-être mortels. Les règles sont les mêmes pour tout le monde. Les citoyens ne seront plus les victimes du développement domiciliaire. »

Le permis pourra être suspendu si la règlementation n’est pas respectée et le SPCIS pourra autoriser, le moment venu, la reprise des travaux. Si des bâtiments se trouvent dans un rayon de 100 mètres du dynamitage, des explosifs dégageant moins de monoxyde de carbone devront être utilisés. Toutes les résidences concernées devront aussi être munies d’un avertisseur de monoxyde de carbone.

Les amendes pour les contrevenants iront de 1000 $ à 2000 $ pour une personne physique et de 2000 $ à 4000 $ pour une personne morale.

Plus de 30 chantiers nécessitant du dynamitage sont recensés chaque année à Sherbrooke.

Des amendes plus salées

Le SPCIS propose par ailleurs d’augmenter l’amende minimale de 50 $ à 250 $ pour toute infraction au règlement sur les feux extérieurs, le ramonage ou tout autre règlement visant la prévention contre les incendies. « Nous avions les mêmes montants depuis une vingtaine d’années. Il faut que ce soit assez fort pour retenir l’attention des gens. »

Certains propriétaires préféraient jusqu’à maintenant payer l’amende plutôt que de rendre leur propriété conforme.

Parmi les autres modifications aux règlements municipaux, notons l’interdiction des lanternes chinoises, qui présentent un risque d’incendie alors qu’elles peuvent voyager sur une longue distance.

Enfin, les bâtiments agricoles ne seront plus inscrits dans le règlement municipal puisqu’ils relèvent de la Régie du bâtiment du Québec. Le SPCIS utilisera une approche basée sur l’éducation et la sensibilisation plutôt que la répression.