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Une installation lumineuse conceptualisée par Moment Factory est prévue au parc Jacques-Cartier de la mi-décembre à la mi-janvier.
Une installation lumineuse conceptualisée par Moment Factory est prévue au parc Jacques-Cartier de la mi-décembre à la mi-janvier.

Moment Factory au coeur de la relance économique sherbrookoise?

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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La relance économique passera entre autres par le projet Hiver de lumières, cette animation lumineuse signée Moment Factory pour créer une ambiance magique dans le secteur du parc Jacques-Cartier. C’est en substance ce qu’ont annoncé le directeur général de Destination Sherbrooke, Denis Bernier, et le directeur du Bureau de coordination du développement économique, Philippe Cadieux, mardi soir. Les élus, eux, ont modéré leur enthousiasme en mettant une seconde fois le projet sur la voie d’évitement.

Hiver de lumières, freiné à l’hiver 2020-2021 par la pandémie de COVID-19, doit multiplier les activités comme les balades scintillantes, la chasse aux lutins et le marché de Noël. Surtout, une installation lumineuse est prévue au parc Jacques-Cartier de la mi-décembre à la mi-janvier. Une allée immersive est envisagée dans le parc, alors que des jeux interactifs pourraient récréer des batailles de boules de neige ou une promenade sous des sapins enneigés. Une zone de détente avec des foyers et des sapins illuminés est aussi imaginée.

Le projet, dont l’accès serait gratuit, serait présenté à partir de la mi-décembre pour quatre semaines. « Il vise à accroître la saisonnalité touristique et à accroître le positionnement de Sherbrooke. Nous voulons redonner aux citoyens et aux visiteurs la possibilité de vivre des moments heureux en famille, ce qui est une denrée rare depuis un an », résume Denis Bernier. 

« Ce projet est un gros morceau du plan de relance. On pense que le timing est bon et il permettrait à la Ville de mettre en valeur l’ADN du parc Jacques-Cartier », fait valoir Philippe Cadieux.

Après avoir exprimé leurs préoccupations, les élus ont jugé qu’un débat plus approfondi serait nécessaire pour ce projet. Les 615 000 $ à octroyer à Destination Sherbrooke pour le réaliser ne pourront être dépensés sans l’accord explicite du conseil. 

« Les entreprises des arts, des spectacles, des loisirs et du tourisme sont les plus touchées par la pandémie. Moi mon but, comme élue de Sherbrooke, doit être d’encourager et de soutenir les citoyens de Sherbrooke et de l’Estrie. Mais là, il y a une énorme part du budget qui est accaparée par le projet de Moment Factory. Pendant ce temps, nous avons plusieurs entreprises du domaine des arts qui tirent le diable par la queue. Je trouve que des personnes sont encore dans les vieilles façons de penser, de type place Nikitotek, qu’il faut absolument mettre Sherbrooke sur la mappe », a commenté Évelyne Beaudin.

Paul Gingues, président du comité de la culture, abonde dans le même sens. 

« C’est payé très cher pour quelque chose d’éphémère. J’aurais préféré qu’on mise sur quelque chose de permanent. On parle d’une période de l’année où les restos et hôtels sont assez occupés merci. On doit avoir le réflexe de penser aux artistes d’ici et de mobiliser le milieu au maximum. »

Le maire Steve Lussier précise que des subventions sont attendues pour soutenir le projet de Moment Factory. « C’est un événement qu’il fallait trouver pour la relance. Un événement gratuit qui viendra probablement se greffer à d’autres opportunités qui nous arriveront. Il y a d’autres mesures que nous annoncerons bientôt pour les artistes locaux. Il faut contribuer à les aider. On le fera d’une autre façon. » 

Rémi Demers a défendu le projet. « Le tourisme, on y touche enfin. Les collègues ont demandé que ça fasse partie de la réorganisation économique. Il ne faut pas mettre les projets touristiques en opposition à ceux des artistes locaux. Il y aura de la main-d’œuvre de chez nous dans le projet de Moment Factory. »

Chantal L’Espérance pensait comme lui. « Contrairement à mes collègues qui se sont prononcés contre Hiver de lumières, moi, je dis oui. Il faut arrêter de mettre en opposition des projets. La culture on est prêts à l’aider. On sait comment ils ont subi durement le contrecoup de la pandémie. Tout ce que ça fait, ça suscite le déchirement, la controverse. Est-ce qu’on veut passer à côté de projets comme Foresta Lumina, pour lequel Coaticook a été plus vite que nous? Ils ont sauté dans le bateau et aujourd’hui ils sont bien contents d’avoir fait ce choix. »

Annie Godbout, coprésidente du comité de développement économique, voit le projet de Moment Factory comme une impulsion. « Je ne le vois pas comme un projet d’appel touristique. Il faudrait qu’on investisse 3 à 5 M$ pour en faire un produit d’appel. Les gens de l’extérieur pourraient venir faire une tour pour profiter du Musée des beaux-arts, de l’expérience multimédia. Il faut le voir comme une complémentarité. »

Philippe Cadieux apporte une nuance aux propos des élus. « C’est une première mèche qu’on voudrait allumer avec une entreprise qui connaît un succès international. Mais sur l’enveloppe de 615 000 $, ce sont 175 000 $ qui vont à Moment Factory. Le reste, c’est pour produire un événement de quatre semaines, pour créer des maillages ici, avec des artistes locaux, des camions de nourriture de rue. Les retombées seront ici. Il n’y aura pas 60 occasions de revenir avec ce projet. Si on dit non, il faudra passer à autre chose. À mon sens, ce budget est raisonnable. »