Michèle Boisvert (à l’avant), première vice-présidente à la Caisse de dépôt et placement du Québec, a animé, mercredi, une table ronde sur l’entrepreneuriat au féminin avec trois panélistes de la région, soit Francine Guay, de MI Integration, Lise Déziel, de Cordé Électrique, et Gaétane Plamondon, de Tardif Diésel.

Modèles féminins pour inspirer les femmes

Michèle Boisvert, première vice-présidente à la Caisse de dépôt et placement du Québec, était de passage à Sherbrooke pour animer une table ronde sur l’entrepreneuriat au féminin. Trois femmes d’affaires chevronnées de la région, invitées à titre de panélistes, ont partagé leur expérience dans l’objectif d’inspirer d’autres femmes à se lancer en affaires.

« À la Caisse, on a décidé de faire une priorité de l’entrepreneuriat au féminin parce qu’encore aujourd’hui, il y a moins de femmes entrepreneures que d’hommes et on est convaincu qu’on a besoin d’une plus grande diversité. Pas juste pour une question d’image ou d’éthique, mais parce que la diversité ajoute une valeur », a expliqué la première vice-présidente à la Caisse profitant de la rencontre pour faire un portrait de son organisation et revenir sur des études sur l’entrepreneuriat au Québec.

Alors que les femmes représentent 50 pour cent de la population active, elles représentent seulement 39,8 pour cent des propriétaires d’entreprises, selon l’étude présentée. « Fait encourageant : plus la cohorte est jeune, plus l’écart entre les femmes et les hommes se rétrécit. Et si on regarde seulement en 2017, autant de femmes que d’hommes se sont lancées en affaires », note Mme Boisvert.

Les panélistes Francine Guay, de MI Integration, Lise Déziel, de Cordé Électrique, et Gaétane Plamondon, de Tardif Diésel, qui évoluent toutes les trois dans des domaines traditionnellement réservés aux hommes, ont dû faire leur place, chacune à leur manière.

« Le filage électrique est un milieu dirigé par des hommes et c’est un très petit marché mondialement. Moi, la discrimination, je l’ai vécue avec les fournisseurs quand ils ont commencé à venir me rencontrer à l’usine. Vous m’avez vue, je mesure 5 pieds 10, et je me suis fait appeler « ‘ma petite madame »’ par un homme de 5 pieds 6. Ça n’a pas passé. J’y ai eu droit à plusieurs reprises et il a fallu que je sois plus dure et directe. Après avoir mis mon poing sur la table, ça s’est replacé », a raconté Mme Déziel, qui a fondé son entreprise en 2010.

Mme Plamondon, qui possède un concessionnaire de camions Western Star, a refusé de vendre des produits qui utilisaient des images sexistes pour faire vendre. « Un fournisseur était content de me dire l’année suivante qu’il avait retiré ces images », souligne-t-elle.

Mme Guay s’est servie de son habileté à créer des relations, un réseau, pour gagner la confiance de ses partenaires d’affaires et faire croître son entreprise.

« Les femmes ont la même ambition que les hommes, la même volonté d’innover et elles investissent autant en recherche et développement une fois en affaires. Mais souvent elles ne vont pas en entrepreneuriat pour les mêmes raisons. Souvent elles y vont pour amener une contribution, s’assumer, aider les autres. Chez les hommes, on entend plus souvent dire qu’ils plongent pour se réaliser, prendre des risques, faire de l’argent. D’avoir plus de femmes amènera un discours différent et incitera plus de gens et plus de jeunes à l’envisager », note Mme Boisvert qui croit que les femmes sont souvent leur propre frein quand il s’agit d’entrepreneuriat, « car elles croient, à tort, qu’elles ne sont pas capables ».

« Il faut aimer les gens, s’arranger pour qu’ils soient heureux et parler à nos peurs au besoin », résume Mme Guay à propos du secret du succès.