Le Cégep de Sherbrooke enregistre un mince surplus de près de 300 000 $ au 30 juin 2018, selon les derniers états financiers.

Mince surplus au Cégep de Sherbrooke

La rareté de la main-d’œuvre a des effets jusque dans l’offre de formation continue du Cégep de Sherbrooke. L’institution a en effet du mal à offrir certaines attestations en raison du manque d’étudiants inscrits, une situation qu’elle attribue au taux de chômage très bas et au manque de main-d’œuvre. Par ailleurs, la direction continue de réclamer une aide ponctuelle pour se sortir la tête de l’eau au niveau des finances.

Le Cégep de Sherbrooke enregistre un surplus de près de 300 000 $ au 30 juin 2018, selon les derniers états financiers. « On est dans une gestion financière serrée depuis quelques années et un contrôle serré des dépenses », souligne la directrice générale du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger, en faisant état des impacts des compressions vécues ces dernières années.

La direction de l’institution a sensibilisé la nouvelle députée caquiste de Saint-François Geneviève Hébert à cette question. « Ça va nous prendre un rattrapage ad hoc », note la directrice, en rappelant qu’une somme d’« au moins 600 000 $ » a déjà été réclamée auparavant. Parallèlement, l’établissement attend de voir les impacts de la révision du modèle de financement des cégeps. 

L’écart de revenu pour la formation continue affiche un déficit d’environ 500 000 $ aux états financiers. Certaines attestations d’études collégiales (AEC) offertes par le Cégep habituellement ne pourront l’être, faute d’étudiants inscrits. C’est le cas, par exemple, de l’AEC en gestion de l’approvisionnement. Avec huit candidats seulement, l’établissement n’est pas en mesure d’offrir la formation. 

En période de plein emploi, les étudiants ont moins envie de venir sur les bancs d’école, note Mme Bélanger. Cette dernière cite aussi le haut seuil de rentabilité exigé par le ministère de l’Éducation pour offrir ce type de formation, qui est le même qu’à Montréal. « C’est plus difficile pour nous de remplir un groupe... Quand on ne peut pas les démarrer, ça fait en sorte qu’on ne répond pas toujours aux besoins des individus et des entreprises. » 

L’avenir de la piscine

La direction du Cégep a aussi sensibilisé la nouvelle députée au dossier de la piscine du Centre de l’activité physique (CAP). « C’est un dossier qu’elle veut pousser », relate Manon Desaulniers, directrice des ressources matérielles et financières.

Le projet de réfection de la piscine, qui montre des signes de détérioration importants, est évalué à 4,3 M$.

Le Cégep n’a toutefois pas réussi à mettre la main sur une subvention de 2 M$ espérée dans le cadre du programme de soutien aux installations sportives et récréatives. Mme Desaulniers souligne que le Cégep souhaite que le gouvernement tienne une prochaine phase du programme. Dans un monde idéal, un autre appel de projets aurait lieu, et l’établissement obtiendrait une réponse positive l’été prochain, pour ensuite produire les plans et devis à l’automne 2019, en vue d’une réalisation des travaux en janvier 2021. 

Si ce scénario ne se réalise pas, le Cégep devra dénicher d’autre financement, songer à un emprunt ou envisager de fermer la piscine. Si le Cégep n’avait pas de nouvelle d’ici l’automne 2019, il n’aurait pas le choix de se pencher sur ces options.  

« Faire un emprunt aurait un impact sur le budget de fonctionnement parce que les intérêts doivent être remboursés à même le budget de fonctionnement du Cégep », souligne Mme Desaulniers. 

Mme Bélanger souligne que la direction garde un œil sur tous les financements possibles.