Sarah Blondeau et Guillaume Durand ont fait découvrir au public présent à la Foire Écosphère le « béton de chanvre », un matériau naturel qui permet d’isoler une maison tout en la laissant « respirer ».

Mille idées pour une maison écolo

Habiter une maison environnementalement responsable, c’est un rêve que caressent plusieurs personnes, qui se sont réunies en fin de semaine à la Foire Écosphère à Magog.

La tente à thématique « Habitation » y était particulièrement populaire, et des conférences étaient consacrées à ce sujet, dont celle de Benoit Lavigueur, président de la compagnie d’écobâtisseurs Belvedair.

« On rêve parfois à ce qu’on pourrait faire dans cinq ans, mais on peut aussi penser à ce qu’on peut déjà faire dans sa maison », a-t-il dit au début de sa présentation dimanche, après avoir demandé aux membres de l’audience lesquels d’entre eux souhaitaient habiter une maison écoresponsable (la plupart ont levé la main). « À partir de la fin de semaine prochaine, je suis sûr qu’il y a plusieurs choses que vous pouvez déjà commencer à faire dans votre maison », a-t-il dit, mettant l’accent sur l’importance de proposer des solutions accessibles à la population.

Un lit écolo

Ce n’est effectivement pas tout le monde qui peut y aller d’un grand coup en faisant l’acquisition d’une maison écoresponsable, que ce soit pour des raisons financières ou tout simplement parce qu’ils sont bien là où ils habitent.

Si quelqu’un choisissait de faire des changements graduellement, pourquoi pas commencer par le lit?

On entend souvent parler de systèmes d’aération, de traitement d’eau ou d’isolation efficaces, mais le lit n’est pas un meuble de la maison qu’on associe particulièrement au respect de l’environnement. Pourtant, l’entreprise Éco-Sélection, de Granby, faisait la démonstration de son Lit de Rêve à la Foire Écosphère. 

« La base est faite en frêne du Québec, et traitée avec nos huiles écologiques », a expliqué Nancy Brunet, propriétaire de la compagnie. « Le matelas est composé de latex, de laine et de coton, tous bios; c’est un produit durable, écologique, sain pour la planète, pour l’homme et la femme! » poursuit-elle.

En plus d’être un produit local et respectueux de l’environnement, il aide à passer de bonnes nuits, souligne René Blais, employé chez Éco-Sélection, puisque les coussins de latex installés entre le sommier et les lattes de bois font en sorte que le lit s’ajuste à la posture de la personne qui y est couchée. « Ça peut être la curiosité qui amène les gens à essayer nos lits. Certains par exemple ont mal au dos. [...] La façon dont le lit est fait fait en sorte qu’ils se sentent ré-énergisés, qu’ils dorment bien », rapporte-t-il.

Une maison qui respire

Sous la tente, un kiosque retenait particulièrement l’attention : celui de l’entreprise ArtCan, qui fait des projets de construction ou de rénovation en utilisant le chanvre comme matériau de construction.

Sarah Blondeau et Guillaume Durand faisaient découvrir au public le « béton de chanvre », élaboré à base de chanvre et de chaux, qui est installé dans un coffrage entre deux panneaux de bois pour isoler des habitations tout en laissant celles-ci « respirer ».

« En plus d’être une masse thermique qui retient la chaleur pendant le jour et l’irradie le soir, l’air passe à travers. Ça permet de réguler l’humidité, ça élimine les insectes, et c’est antifongicide; ça améliore de façon continue la qualité d’air des habitants, et la qualité de vie des habitants », explique Guillaume Durand, propriétaire d’Habitats évolutifs, qui travaille en partenariat avec ArtCan.

Selon lui, ce type de matériau permet aux écoconstructeurs d’offrir une alternative aux « maisons passives ». « Celles-ci sont construites de la manière la plus étanche possible pour être performantes au niveau énergétique. Sauf que de cette façon-là, on se crée des problèmes pour ensuite se faire vendre des solutions » comme des échangeurs d’airs ou des humidificateurs, soutient-il.

« Les maisons actives, on va en entendre parler de plus en plus », estime-t-il.

Il s’agissait de la troisième édition de la Foire Écosphère à Magog. Le directeur général de l’événement, Éric Ferland, s’est dit heureux du déroulement de celui-ci.

« Les habitations écologiques, ça coûte peut-être un peu plus cher que les habitations standard, mais en quelques années on récupère son argent. Au fond, c’est plus accessible, plus viable et plus l’fun de vivre dans ce type d’habitation, qui est beaucoup plus saine », a-t-il résumé.

En plus de la tente « Habitation », des exposants de produits alimentaires, de produits liés à la santé ou encore de technologies écologiques étaient présents à la Foire.