Les syndiqués du Manoir Sherbrooke sont en grève générale illimitée depuis lundi.

Manoir Sherbrooke : «Une grève, ce n’est jamais bon!»

« Une grève, ce n’est jamais bon! Ça laisse des traces. »

Nataly Savoie, présidente exécutive au Groupe Savoie, en a long à dire pour expliquer la position de l’entreprise dans le conflit de travail qui vient d’éclater au Manoir Sherbrooke et qui semble s’enliser.

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Lundi matin, rappelons-le, les syndiqués ont mis à exécution leur menace de déclencher une grève.

« Nous ne sommes pas heureux de cette situation », assure-t-elle, lors d’un entretien accordé à La Tribune, mardi avant-midi. « Nous avons toujours eu à cœur le bien-être de nos employés et de nos résidents. »

« Mais nous ne pouvons pas octroyer n’importe quoi. Nous devons tenir compte de la capacité de payer de nos clients. Ils ne sont pas tous des bien nantis. »

Depuis 29 mois

Lundi matin, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie (FSSS–CSN) ont entamé une grève générale illimitée. Sans contrat de travail depuis 29 mois, les salariés de cette résidence pour aînés dénoncent « l’arrogance » de la famille Savoie, propriétaire du Manoir Sherbrooke.

Mme Savoie réplique en déplorant que le syndicat n’ait pas démontré sa volonté de régler le litige. « C’est un non-sens qu’on en soit venu à 29 mois sans convention collective », dit-elle.

« Le syndicat n’a pas démontré sa volonté de régler rapidement. Nous avons fait des offres généreuses. En assemblée générale, c’est une poignée de syndiqués qui décident pour les 100 employés. De notre côté, nous avons à cœur de régler rapidement. Mais nous ne pouvons pas négocier seuls. Le Manoir Sherbrooke est syndiqué depuis 1996 et nous n’avons jamais demandé qu’on rouvre la convention collective. »

Taux de roulement

Le Groupe Savoie se fait une fierté de constater que le taux de roulement des employés du Manoir Sherbrooke est peu élevé par rapport à l’industrie. Les conditions de travail seraient aussi à la hauteur de ce qui est offert dans ce domaine.

Nataly Savoie se dit stupéfaite de l’attitude du syndicat lors de la rencontre de la dernière chance tenue en fin de semaine entre les parties.

Ce n’est pas d’hier que ce dossier fait parler de lui. On apprenait il y a quelques semaines que le syndicat avait pris des actions dont celle de signifier par huissier au Groupe Savoie une saisie de biens au Manoir Sherbrooke. La saisie a été demandée à la suite de la négligence et du refus de l’employeur de payer sa part (50 %) de la prime d’assurance maladie des salariés. Le montant réclamé est d’environ 1200 $ par mois au total.

Rappelons qu’en octobre 2016, le Tribunal d’arbitrage déclarait que l’expression « assurance maladie », dans leur convention collective incluait l’assurance pour soins dentaires, ce que réfutait l’employeur.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie (FSSS-CSN) représente une centaine de membres.