Entreprise il y a plus d’un mois, la grève au Manoir Sherbrooke se poursuit. Une manifestation d’appui a eu lieu mardi midi.

Manoir Sherbrooke : le conflit perdure

Plus d’un mois après le déclenchement d’une grève générale illimitée au Manoir Sherbrooke, rien ne laisse croire que le conflit est sur le point de se régler. À part la tenue d’une « rencontre exploratoire », la table de négociation est demeurée déserte.

« Oui, ça fait un mois et une semaine que la grève a été déclenchée », constate Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE-CSN), joint par La Tribune.

« Il n’y a pas de règlement en vue. Nos membres sont encore sur le trottoir. »

C’est le 23 avril dernier que les syndiqués du Manoir Sherbrooke, une résidence pour aînés de la rue des Quatre Saisons, ont mis à exécution leur menace de débrayer. Sans contrat de travail depuis 29 mois, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie (FSSS-CSN) se disaient excédés par « l’arrogance » de la famille Savoie, propriétaire du Manoir Sherbrooke.

Il s’agit de la seule grève de syndiqués de la CSN en cours dans la région.

M. Beaudin ajoute qu’une autre rencontre exploratoire pourrait avoir lieu. « Le moral des troupes demeure excellent. Nos membres sont déterminés, assure-t-il. Ils ne veulent pas accepter n’importe quoi. »

Appui de 200 délégués 

Mardi midi, les grévistes ont reçu l’appui de 200 délégués de la Fédération du commerce de la CSN, qui sont en congrès à Sherbrooke. Ils étaient difficiles à manquer, car c’est au son strident de flûtes que la manifestation s’est déroulée devant le Manoir Sherbrooke.

Les délégués ont fait un pique-nique dans le stationnement de l’église de la paroisse du Bon-Pasteur située devant la résidence.

Lyne Tanguay, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie et préposée au Manoir Sherbrooke, a remercié le groupe pour leur « geste d’amour » envers les grévistes.

Pour sa part, M. Beaudin a averti la direction des Résidences Soleil qu’il n’aurait pas les employés en grève à l’usure. Il a qualifié les grévistes de personnes très courageuses qui vont certainement miser sur cette bruyante démonstration pour poursuivre leur lutte syndicale.

La semaine dernière, un autre groupe de délégués, de la Fédération nationale des enseignants et des enseignants ceux-là, avait fait de même.