Les 550 salariés de la brasserie Molson de Montréal, notamment à l'embouteillage et à la livraison, comptent déclencher une grève «au moment jugé opportun», a déclaré le syndicat des Teamsters.

Mandat de grève à l’usine Molson de Montréal

MONTRÉAL — Les employés de la brasserie Molson de Montréal ont rejeté dimanche pour une deuxième fois les offres patronales et se sont donné un mandat de grève dans une proportion de 87 %, lors d'une assemblée syndicale.

Les 550 salariés de cette usine, notamment à l'embouteillage et à la livraison, comptent déclencher une grève «au moment jugé opportun», a déclaré le syndicat des Teamsters.

Les négociations achoppent sur le régime de retraite, les assurances collectives, la sous-traitance et les salaires, selon le syndicat.

Pour l'instant, il n'y aura pas de grève, a précisé un porte-parole du syndicat, Stéphane Lacroix, en entrevue avec La Presse canadienne. Les négociateurs syndicaux souhaitent reprendre les pourparlers dans les plus brefs délais.

Deux raisons ont guidé le vote des employés, estime M. Lacroix. D'abord, l'envoi d'un «message clair» à l'employeur. Par ailleurs, afin d'avoir légalement le droit de déclencher une grève si Molson choisissait de «ne pas poursuivre le processus de négociation ou de se traîner les pieds».

Les négociations se déroulent malgré tout «relativement bien compte tenu des circonstances», a indiqué Stéphane Lacroix.

Il y a deux semaines, les employés s'étaient réunis et avaient rejeté pour une première fois offres patronales dans une proportion de 57 %.

De son côté, la direction de Molson se dit prête à retourner le plus rapidement possible à la table des négociations.

«Aujourd'hui, nous voulons retourner à la table et renouveler les discussions avec nos partenaires syndicaux», a déclaré le directeur des affaires de Molson Coors pour le Québec et l'Atlantique, François Lefebvre.

Les négociations ont commencé l'automne dernier pour le renouvellement de la convention collective échue depuis le 31 décembre 2017.

Le brasseur avait confirmé à la fin novembre le choix de Longueuil pour construire son futur complexe brassicole. Durant l'été, Molson Coors avait renoncé à moderniser ses installations montréalaises, dont une partie est ouverte depuis 1786.

Le syndicat a déjà exprimé des inquiétudes quant à la vocation principale de la prochaine brasserie. Selon les Teamsters, au cours des six dernières années, Molson Coors a entamé un virage plus prononcé vers la production de canettes au détriment de la bière en bouteille, ce qui s'est traduit par la perte de plus de 100 postes.