Yves Desjardins, président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), était à Sherbrooke mercredi, dans le cadre d’une tournée québécoise de l’organisme.

Main-d’œuvre et cannabis : inquiétudes chez les résidences pour aînés

Manque criant de main-d’œuvre, inquiétudes face à la légalisation du cannabis et difficultés financières. Les résidences privées pour aînés ne sont pas épargnées par les sujets de l’heure au Québec.

Dans le cadre de la tournée annuelle du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), l’organisme s’est arrêté à Sherbrooke mercredi. Selon son président-directeur général, Yves Desjardins, les grands enjeux de société ont toujours un impact sur les résidences pour personnes âgées.

L’un des dossiers chauds porte sur le recrutement de personnel, mentionne-t-il à La Tribune. « Nos membres sont unanimes, ils ont de la difficulté à garder les employés. C’est pire dans les cuisines et avec les préposées », clame-t-il.

« Nous avons un plan d’action. On ne peut plus faire paraître une annonce et attendre les c.v. Il faut attirer et séduire. Nous voulons mettre en place un levier d’attraction avec une firme spécialisée en ressources humaines. Parmi ce qui peut être fait pour attirer des gens, il y a un régime d’assurance collective qui serait implanté. »

M. Desjardins estime que dans certains types d’emploi le roulement atteint jusqu’à 60 pour cent. « Les gens ne restent pas », déplore M. Desjardins.

« Aussi, on pourrait se tourner vers des retraités pour combler des postes. Nous offrons des emplois à temps partiel. Il faut que ces gens le sachent. »


« Si on augmente les loyers, des gens quittent. Souvent, ils se retrouvent dans les CHLSD. »
Yves Desjardins

Interdiction

Le RQRA compte 67 membres en Estrie. Ceux-ci ont pu se pencher sur la légalisation du cannabis prévue pour l’été prochain. « Nous préconisons l’interdiction de la consommation sous forme de cigarette », ajoute M. Desjardins.

« On constate que plusieurs résidents en consomment sous forme médicale. Mais nous devons nous préparer avant qu’il ne soit trop tard. Il y a une grande différence entre la loi fédérale et la loi provinciale. »

La possibilité de faire pousser jusqu’à quatre plants chez soi, comme la législation fédérale le permettra, inquiète, dit-il.

Les directions de résidences pour personnes âgées doivent aussi conjuguer avec de nouvelles dispositions du Code du bâtiment. L’installation de gicleurs demeure un dossier d’importance. Le RQRA continue d’examiner le budget provincial déposé cette semaine afin de découvrir si de nouvelles mesures pourront aider ses membres.

Parce qu’ils ont besoin de soutien, fait remarquer Yves Desjardins. Les fermetures de résidences pour personnes âgées se multiplient depuis le tragique incendie qui a fait 32 morts à la Résidence du Havre de L’Isle-Verte.

« Il y a de plus en plus de réglementation. Ça devient lourd pour les gestionnaires. Nous ne sommes pas contre la sécurité, mais tout augmente sans avoir l’aide qu’il faudrait. Si on augmente les loyers, des gens quittent. Souvent, ils se retrouvent dans les CHLSD. Le gouvernement dit lui-même que 11 pour cent de la clientèle n’a pas d’affaire là. »   

Enfin, la tournée québécoise mettait aussi l’accent sur le phénomène de la maltraitance envers les aînés. Le RQRA a profité du moment auprès de ses membres de la région pour les sensibiliser à cet égard et pour leur présenter des outils de prévention.