Francine Patenaude estime que, si la COVID-19 et la distanciation sociale obstruent l’industrie touristique cet été, l’automne pourrait sauver les meubles.
Francine Patenaude estime que, si la COVID-19 et la distanciation sociale obstruent l’industrie touristique cet été, l’automne pourrait sauver les meubles.

L’industrie touristique devra s’adapter

L’industrie du tourisme nage dans l’incertitude. Difficile de prévoir la saison estivale alors que personne ne peut prédire combien de temps durera la crise de la COVID-19.

« C’est une crise anormale. Tous les secteurs sont touchés. Tout le monde vit cette crise. Dans les régions, il y aura des impacts majeurs. Environ 70 % de nos membres sont actuellement fermés, que ce soit les hôtels, les auberges, les restaurants, les événements, etc. » constate la directrice générale de Tourisme Cantons-de-l’Est, Francine Patenaude, rappelant que l’industrie touristique emploie généralement plus de 20 000 personnes et que ses retombées économiques sont d’environ 10 M$. 

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« Pour l’année 2020, on ne s’attend pas à ça du tout, assure-t-elle. Les entrepreneurs ont des défis humains et financiers immenses. Tourisme Cantons-de-l’Est est en mode écoute, on tente de les accompagner vers les bons endroits. Le gouvernement est très ouvert à voir s’il y a des entreprises qui n’ont pas droit à de l’aide financière. »

Comme l’a annoncé François Legault en point de presse mercredi, les deux mètres de distance entre les individus seront encore obligatoires pour plusieurs mois. « Ça force les entreprises à penser comment assurer leur survie, pratiquement. Comment elles vont s’adapter à toute la sécurité sanitaire. Les membres tentent de rester en contact avec leurs clients et c’est une très belle nouvelle », analyse Mme Patenaude, ajoutant que le problème de la plupart des entrepreneurs actuellement est la liquidité. 

Directives

Pour l’instant, selon Mme Patenaude, aucune directive du ministère ne laisse croire que les déplacements entre les régions seront limités cet été. « C’est une décision sociale. Il faut que tout le monde soit responsable. Dans le coin du 18 avril, lorsque la courbe recommencera à descendre, on va probablement avoir plus de directives. Les Cantons-de-l’Est, ce n’est pas comme une zone désignée comme Charlevoix. Mais le message d’éviter les déplacements est clair », exprime-t-elle.

Et pour d’éventuels scénarios? Même chose. « Actuellement, on ne fait pas de scénarios, car ils sont défaits de jour en jour, dit la directrice générale. Les gens se préparent. Il y a de belles alternatives, comme des chèques-cadeaux avec des promotions. Mais on n’a pas de statistiques. »

Une chose est claire, le marché américain ne sera pas visé par les touristes cet été. « Pour l’ensemble du Québec, pour l’été prochain, ce sera plus local, pense Francine Patenaude. Pour les gens à Bromont, ce sera le fun d’aller à Lac-Mégantic, car c’est une expérience complètement différente. On a l’avantage d’être une région très diversifiée. Petit à petit, les portes vont s’ouvrir aux gens de Montréal et de Québec. »

De plus, l’automne, une excellente saison pour les Cantons-de-l’Est, pourrait sauver les meubles. « Des gens qui avaient réservé pourraient venir cet automne. On va miser sur de petites escapades intra-Québec », résume Mme Patenaude.

Campings

Pour Mme Patenaude, les campings vivent le même combat que les hôteliers. « Quand ils pourront ouvrir avec la distanciation, ils en sont à savoir comment ils vont gérer cela. Est-ce que ce sera un nombre X d’entrées dans le camping? Comment va-t-on gérer la responsabilité des gens qui entrent? Les blocs sanitaires? Ils ont exactement les mêmes préoccupations que les hôteliers. »

« S’il y a une ouverture tranquillement, chaque personne sera responsable, continue-t-elle. Il va falloir que les gens respectent les règlements. »

Pour le copropriétaire du Camping Hatley, Steven Proulx, la saison s’annonçait très belle. « Il y avait beaucoup de réservations. Tout est arrêté depuis le fameux virus », s’attriste-t-il.

Les réservations ont chuté de 22 % en mars par rapport à l’an dernier. « Pour le mois d’avril, c’est vraiment mort. Habituellement, il y a entre cinq et dix réservations par jour, là c’est zéro par jour. Des gens m’ont appelé pour annuler leur réservation. Comme la saison n’est pas annulée, le dépôt n’est pas remboursable. Dans ce cas, ils gardent leur réservation. »

Et est-ce dans les plans d’annuler la saison? « Pour nous, non. Mais si on n’a pas le choix... ça va dépendre des directives du gouvernement », dit celui qui devrait ouvrir son camping le 8 mai.