Le préfet de la MRC du Haut-Saint-François Robert G. Roy a expliqué lundi, en conférence de presse, la nature des cinq projets financés par les acteurs de l’entente sectorielle de développement bioalimentaire de l’Estrie.

L’Estrie s’unit pour le secteur agricole

Une entente sectorielle visant à accroitre le développement et la mise en valeur du secteur agricole en Estrie voit le jour. Les sept MRC de la région s’unissent pour investir dans l’agriculture en assurant, entre autres, une relève agricole et en mettant de l’avant l’achat local.

En conférence de presse lundi, il a été annoncé que les MRC de l’Estrie, jointes par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) ainsi que l’Union des producteurs agricoles (UPA) de l’Estrie, s’engagent à investir dans cinq projets de développement bioalimentaire sur une période de trois ans. Plus de 1,2 M$ seront investis.

En plus d’assurer une relève et la promotion de produits locaux sous le label Créateurs de saveurs Cantons-de-l’Est, les fonds serviront à favoriser le développement de filières, à faciliter l’accès en région à la formation spécialisée agricole ainsi qu’à développer une banque d’opportunité d’affaires.

« Les projets ont des critères bien spécifiques au niveau des retombées économiques et de l’impact qu’on a sur la région et sur l’emploi. Surtout, on parle de relève agricole, qui est importante pour nous. Le plus important reste de faire connaître les produits que l’on a déjà sur nos terres », explique Robert G. Roy, préfet de la MRC du Haut-Saint-François.

« L’agriculture façonne notre paysage. Concrètement, les gens vont s’en rendre compte parce qu’ils vont entendre parler de la relève et vont voir de plus en plus la mention de Créateurs de saveurs », ajoute Karine Vallières, députée de Richmond.

Une force pour l'Estrie

L’agriculture représenterait un produit intérieur brut (PIB) de 700 M$. « L’agriculture, c’est le secteur économique le plus important en Estrie, c’est majeur. Les gens le voient peu et c’est capital de continuer d’investir. On va être précurseur, on aura assurément de belles réussites grâce à l’entente annoncée aujourd’hui », commente Mme Vallières.

Le président de l’UPA-Estrie François Bourassa souhaite valoriser davantage la souveraineté alimentaire, il croit que l’agriculture n’est pas reconnue à sa juste valeur comme les autres secteurs économiques. « On mange trois fois par jour. Quand on connaît toujours des épiceries pleines, il y a peu de gens qui sont sensibles à l’importance d’avoir de l’agriculture pour se nourrir et de ne pas toujours se fier au voisin pour manger. »

« Ce n’est pas un réflexe naturel de la part des intervenants et des élus de considérer l’agriculture comme un secteur économique important. C’est pourtant l’activité économique qui crée le plus de richesses et d’emplois pour la plupart des municipalités et MRC au Québec », ajoute-t-il.

Concertation pas évidente

Tous les acteurs travaillent depuis longtemps sur cette entente sectorielle de développement bioalimentaire. « C’est très difficile de faire de la concertation. Avoir une entente avec sept MRC incluant la ville de Sherbrooke, c’est d’une très grande importance », explique M. Roy.

Pour les préfets, cette collaboration marque une avancée influente dans la gestion de projet. « Chacune des MRC a ses défis et ses réalités, le fait que chaque municipalité met ces sous-là en commun, ça fait une force première au Québec. Ça démontre cette priorité qu’on s’est tous donnée », ajoute la députée de Richmond, qui croit que l’Estrie pourra inspirer d’autres régions avec leur esprit collaboratif.