Le premier client du Fire & Flower, Matt, a acheté de l'huile de cannabis.

Les premiers clients découvrent les magasins de cannabis à Ottawa [PHOTOS]

« Je suis ici parce que c’est un moment historique. Ça fait longtemps que je cherche quelque chose pour m’aider avec la douleur parce que je souffre d’endométriose. Je voulais faire partie de ce moment et c’est excitant ! »

Nathalie Smith fait partie des premiers clients qui ont franchi la porte du Fire & Flower York Street Cannabis quelques minutes avant 10h lundi matin. Près d’une quinzaine de personnes étaient massées devant le commerce de la rue York, prêtes à faire leurs emplettes à l’un des trois magasins de la capitale qui ouvraient leurs portes le 1er avril. 

Eric Lavoie et Michael Patterson, copropriétaires du magasin dans le marché By se sont associés à la bannière Fire & Flower qui œuvre principalement dans l’Ouest canadien.

À LIRE AUSSI : Ouverture des magasins de cannabis en Ontario: pour le plaisir de la clientèle

À LIRE AUSSI : Pas de carte, pas de pot

« On a toujours été intéressés par le commerce du cannabis. On ne savait pas qu’on allait gagner à la loterie. On a été chanceux et l’aventure commence aujourd’hui ! Ce qui est bon avec Fire & Flower, c’est que leur équipe connaît ça. Ils ont de l’expérience et savent comment bien faire les choses », lance M. Lavoie quelques minutes avant l’entrée des premiers clients.

Le conseiller municipal du quartier, Mathieu Fleury, a salué le civisme des gens et espère que les mesures pour assurer la sécurité des lieux seront toujours en place au cours des prochaines semaines.

« On va continuer de regarder comment tout se déroule. On assume que la province va annoncer d’autres permis et il y en aura sûrement dans le marché By. Je pourrais avoir des inquiétudes de concentration, surtout que la Ville n’a pas de pouvoir. Ça reste à voir », soutient l’élu.

L’or vert a rassemblé plusieurs curieux dans la capitale. Plusieurs dizaines de personnes se sont également déplacées au Superette sur la rue Wellington et au Hobo sur la rue Bank. En après-midi, les clients étaient toujours aussi nombreux à attendre leur tour. Des agents de sécurité surveillaient l’extérieur des magasins afin d’en contrôler l’accès. 

Jeunes, vieux, hommes et femmes se côtoyaient dans les différentes files d’attente.

« J’ai vu plusieurs personnes qui sont plus âgées et je trouve ça vraiment cool ! On écrit une page d’histoire aujourd’hui. Les gens peuvent acheter du pot dans un magasin et c’est légal », lance Sophie Albert, superviseure au Superette.

La majorité des clients interrogés par Le Droit ont admis préférer se procurer de la marijuana en toute légalité, bien que certains ont déjà consommé des produits illégaux achetés par un revendeur.

« C’est vraiment bien comme expérience. Je vis juste à côté et je suis content de pouvoir venir. C’est une bonne idée de pouvoir acheter du cannabis dans un magasin parce qu’on s’assure d’avoir un produit qui est réglementé », précise Merv, 64 ans, qui consomme depuis plus de 40 ans.

De son côté, Hugo avoue que le concept a piqué sa curiosité.

« Je voulais voir de quoi ça avait l’air, affirme-t-il. Oui, on pouvait commander en ligne avant, mais c’est tellement différent de pouvoir interagir avec les gens et le personnel et surtout avoir des réponses à nos questions. »


« On pouvait commander en ligne avant, mais c’est tellement différent de pouvoir interagir avec les gens et le personnel et surtout avoir des réponses à nos questions. »
Hugo

La marijuana récréative a été légalisée en octobre dernier, mais était disponible uniquement en ligne en Ontario. Les premiers commerces ont pu ouvrir leurs portes lundi matin, dont trois ont pignon sur rue à Ottawa. L’Ontario a limité le nombre de licences à 25 et a procédé à une loterie afin de les distribuer.

En tout, 10 magasins sur 25 ont été en mesure d’ouvrir leurs portes comme prévu aux quatre coins de la province, selon les informations fournies par la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario (CAJO). 

Les retardataires se font imposer une amende de 12 500$ pour ne pas respecter l’échéancier. Une autre amende de 12 500$ sera imposée si la situation demeure la même en date du 15 avril. 

Si le magasin n’est toujours pas ouvert avant la fin du mois, une amende de 25 000$ s’ajoutera.