Le nouvel acquéreur du Carrefour champêtre de Bromont, groupe Quint, souhaite amorcer une vaste transformation du site dès 2020.

Les «outlets» de Bromont vendus

Le Carrefour champêtre de Bromont vient de passer dans le giron du groupe Quint. Et le promoteur a de nombreuses idées pour relancer le vaste site à proximité de l’autoroute des Cantons-de-l’Est.

Le complexe commercial avait été acquis par la société de placement immobilier RioCan et Tanger Outlet Centers en 2012. Il était auparavant la propriété de Devimco. Or, la formule semblait péricliter depuis quelques années. Groupe Quint, spécialisé dans ce type de reprise, y a vu une opportunité. « Dans le cas des outlets Tanger, il y a beaucoup de travail à faire. On ne s’en cache pas. C’est certain que l’on va redévelopper cette propriété », a indiqué le vice-président développement immobilier du promoteur, Marc-André Bérubé.

Or, pas question de reconfigurer le site pour y aménager un vaste centre commercial intérieur, comme les Galeries de Granby par exemple. « On regarde pour transformer la propriété en unités à usages mixtes. Possiblement des bureaux professionnels. Également une résidence pour personnes âgées. Surtout avec la proximité du cours d’eau à l’arrière. Il y a des moyens d’aménager tout ça pour rendre les lieux très accueillants et dynamiques. Il faut valider l’attrait de la Ville pour ce type de projet », a mentionné le représentant du groupe Quint.

Démolition

La première étape que compte réaliser le promoteur consiste à retirer une section d’immeubles. L’entreprise devrait déposer une demande de permis de démolition à la Ville sous peu, afin de lancer cette phase initiale idéalement en juin, a fait valoir M. Bérubé. « On vise une section de six bâtisses vers l’arrière du site. Ce sont des bâtiments plus âgés avec des locataires dont le bail vient à terme et qui ne veulent pas renouveler parce qu’il n’y a pas d’action. On regarde pour certaines relocalisations. »

Le promoteur prévoit que la transformation du site devrait être sur les rails dès l’an prochain. « Quand on fait des acquisitions, c’est pour bouger rapidement. On est déjà en communication avec la Ville sur plusieurs aspects, des propositions, des idées soumises pour voir le degré d’ouverture de leur part. [...] Si on veut faire quelque chose d’ici 2020, il va falloir qu’au maximum en septembre ou octobre on ait une idée précise d’où on s’en va. »

Le Carrefour champêtre de Bromont vient de passer dans le giron du groupe Quint.

Grandes surfaces

Selon M. Bérubé, malgré la croissance exponentielle des ventes en ligne, le modèle d’affaires de plusieurs chaînes de magasins à grande surface est viable au Québec. Groupe Quint souhaite intégrer une telle offre à Bromont. Or, la Ville a récemment tranché dans ce dossier: pas question que ce genre de commerce s’enracine dans la municipalité, peu importe l’emplacement. Le promoteur espère une volte-face. « L’idée, c’est d’arriver avec une réponse de la part des autorités [municipales] qui seront capables de faire la part des choses, a dit le vice-président développement immobilier. La Ville ne veut pas voir dépérir les outlets et on veut investir pour faire quelque chose qui va fonctionner. Si la municipalité est prête à revoir sa position [à propos des grandes surfaces], c’est certain qu’on va aller en ce sens. »

Dans ce créneau, M. Bérubé cite en exemple un possible intérêt du commerçant Rona de Bromont d’agrandir la superficie de son magasin en venant s’établir sur le vaste site à proximité de l’autoroute. Groupe Quint est également ouvert à ce qu’un cinéma y soit érigé. Idem en ce qui concerne des habitations. « Si des gens veulent investir dans le résidentiel en faisant un développement qui se colle à la réalité de Bromont, on n’est pas fermé à l’idée. »

Divergence

Selon le maire de Bromont, Louis Villeneuve, la municipalité n’est pas au diapason avec les propositions du promoteur. « On a dit à Groupe Quint que ce qu’on nous a proposé ne cadre pas avec notre plan d’urbanisme, avec la vision de la Ville et de ses citoyens. On en est là », a-t-il fait valoir.

Et peu importe le projet de magasin à grande surface, ce sera une « fin de non-recevoir », a-t-il réitéré. Idem en ce qui concerne la construction d’un immeuble pour aînés. « Une résidence pour personnes âgées, ça n’a pas sa place à cet endroit. Et le zonage ne le permet pas. D’ailleurs, il y a déjà un projet d’agrandissement d’une résidence de ce type à Bromont. »

Le maire est également catégorique au sujet de l’émission par la Ville d’un permis de démolition. « Il n’est pas question de raser quelque bâtiment que ce soit sur le site pour le moment. Et ce ne sera pas le cas avant qu’un projet en bonne et due forme soit déposé et accepté après être passé par toutes les étapes. Et on est loin de ça pour l’instant. »

« Ce qu’on souhaite sur le site des outlets, ce sont des projets porteurs, en harmonie avec ce qu’est Bromont. On est dans le développement durable, écoresponsable. Et une chose est certaine, a conclu Louis Villeneuve, ici, ce n’est pas le corporatif qui dicte au conseil municipal ce qu’il va faire. Et ceux à qui ça ne fait pas l’affaire, il y a d’autres villes. »