Des représentants de l’Association des locataires de Sherbrooke se sont présentés jeudi dans les locaux de la Régie du logement.

Les hausses de la Régie du logement critiquées

L’augmentation du taux des loyers évaluée par la Régie du logement déplaît à divers groupes d’intérêt.

Avant même l’augmentation des loyers pour 2020, 6000 ménages-locataires déboursent plus de 50 % de leur revenu pour se loger à Sherbrooke. De ce nombre, 1400 payent plus de 80 % de leur revenu pour la même dépense. C’est par ces chiffres que l’Association des locataires de Sherbrooke réagit à l’augmentation des loyers proposée mercredi.

Le taux décrété par la Régie est de 1,2 % pour les logements non chauffés, 1,0 % pour les logements chauffés à l’électricité, 1,4 % pour ceux chauffés au gaz et 0,6 % pour les logements chauffés au mazout. 

« Toute augmentation de loyer a pour conséquence de mettre ‘‘à haut risque’’ des ménages-locataires à la rue faute de revenus suffisants. Rappelons-nous que la SCHL considère qu’un ménage-locataire qui paye plus de 30 % de son revenu pour se loger est à risque de vivre des problèmes financiers », avance Normand Couture, coordonnateur de l’Association des locataires.

La semaine dernière, on apprenait que les logements sont de plus en plus rares à Sherbrooke. Jeudi matin, l’Association des locataires s’est présentée dans les locaux de la Régie du logement à Sherbrooke afin de réagir à l’annonce de la Régie pour le calcul des augmentations de loyer et dénoncer les enjeux prévisibles d’une crise du logement pour le 1er juillet 2020.

« Nous pouvons déjà constater que la pénurie de logements encourage les propriétaires à envoyer des augmentations de loyer substantielles aux ménages-locataires de 40 $, 50 $ et plus par mois », dit-il.

« Malgré la possibilité des locataires d’accepter, de contester ou de déménager, les ménages-locataires se sentent pris à la gorge, car une solution ou une autre entraîne soit des conséquences monétaires importantes qui dans bien des cas les ménages-locataires ne pourront absorber et/ou la peur de représailles de la part du locateur qui déjà les avise que s’il conteste, des représailles suivront. »

Pour sa part, le Regroupement des propriétaires d’habitations locatives (RPHL) déplore, encore cette année, la perception des locataires face aux augmentations de loyer. 

« Des propriétaires d’immeubles qui chauffent à l’huile ou fournissent l’électricité enverront des avis d’augmentation de loyer, car ils auront eu de fortes hausses de taxes, d’assurance et des travaux majeurs effectués », commente Martin Messier, président du RPHL.

« Mais comme la méthode utilisée est désuète, ces indicateurs sont négatifs et, malheureusement, les locataires se fient à ces chiffres émis par la Régie du logement. »

L’augmentation proposée sera de nature à ne pas encourager les propriétaires à investir pour rénover leurs logements, s’insurge M. Messier.