Lorsqu’il est question de gaz à effet de serre (GES), le problème no 1 auquel l’Estrie doit faire face demeure celui du transport, indique le Conseil de l’environnement de l’Estrie. Et en particulier celui entourant l’utilisation de l’automobile.

Les GES à l’enjeu en Estrie en 2018

Pendant que certains pays remettent en cause l’existence des gaz à effet de serre (GES) et la détérioration des sols par l’exploitation intensive des ressources, l’action citoyenne en matière de protection de l’environnement a enregistré des progrès depuis les dernières années et continuera d’en faire en 2018.

C’est ce que constate et prévoit Jacinthe Caron, directrice du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE), lorsque interrogée sur l’état de la situation en Estrie et sur les perspectives d’avenir de la région en matière de protection de l’environnement.

Mme Caron rappelle d’ailleurs que l’année 2018 sera l’occasion pour la région de faire le point sur l’un des enjeux les plus importants en matière de protection de l’environnement : les gaz à effet de serre. Prévu le 23 mars, le Forum régional sur la réduction des gaz à effet de serre réunira les principaux acteurs des secteurs municipal, agricole, forestier, ainsi que des représentants des milieux institutionnel, commercial et industriel, communément appelés ICI. L’exercice s’inscrit dans le cadre de la démarche « Par notre propre énergie », lancée en 2009, et soutenue par le gouvernement du Québec.

Outre la réduction des GES, plusieurs enjeux seront à l’ordre du jour de cette rencontre. Parmi eux, les questions entourant la compensation carbone en milieu forestier, l’efficacité énergétique des infrastructures des ICI et les mesures d’atténuation innovatrices dans le milieu agricole seront abordées.
Selon Jacinthe Caron, cet exercice permettra aussi de faire une mise à jour des impacts des changements climatiques vécus en Estrie au cours des dernières années avant d’aborder les pistes de solutions.

« Ce qu’on peut dire, à partir des données dont on dispose et qui seront dévoilées lors du Forum, c’est qu’en 2018, chaque citoyen devra penser à réduire ses émissions de GES », souligne la directrice du CREE en faisant référence aux comportements liés à la mobilité durable.

À ce chapitre, comme partout ailleurs au Québec, les changements liés aux comportements s’opèrent à un rythme encore trop lent, selon Mme Caron.

Et lorsqu’il est question de gaz à effet de serre, le problème no 1 auquel l’Estrie doit faire face demeure celui du transport. Et en particulier de l’automobile. « L’autosolo demeure encore, et de loin, le moyen de transport le plus utilisé par les citoyens en 2017, indique Mme Caron. Bien sûr, on voit de plus en plus de gens se déplacer en vélo ou à pied, mais il y a encore beaucoup d’amélioration à faire à ce chapitre », note-t-elle en prenant pour exemple le mégastationnement de 900 places prévu en plein centre-ville rattaché au projet Well inc.

Certes, des villes comme Sherbrooke possèdent leur Plan de mobilité durable, plusieurs MRC ont mis sur pied des services de navettes afin de favoriser le transport en commun et un nombre de grands employeurs (ex. : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Cascades, etc.) ont mis en place des mesures facilitant le transport commun, actif ou écologique. Mais ces initiatives demeurent largement sous-utilisées ou encore trop peu connues, selon les coups de sonde effectués par le CREE.

Plusieurs initiatives seront mises en place au cours de la prochaine année afin de lutter contre les GES, en particulier dans le cadre des déplacements maison-boulot. Parmi ces initiatives, une plateforme web incitant au covoiturage et au stationnement incitatif est en gestation, impliquant les municipalités régionales de comté (MRC) de l’Estrie. L’utilisation de véhicules électriques pour les déplacements corporatifs sera également proposée à plusieurs entreprises de la région, indique Jacinthe Caron.

Outre le transport en commun, celui des marchandises représente aussi un enjeu auquel la région devra s’attaquer. D’autant plus que l’industrie du transport (camion, avion, bateau, train) est responsable de 40 % des émissions de GES et que cette proportion devrait dépasser celle du transport de passagers d’ici 2030, selon les prévisions environnementales.

Une plus grande promotion des circuits courts et l’agriculture de proximité font partie des solutions envisagées.

Gestion des déchets


Les difficultés qu’a connues Valoris en 2017 devraient continuer de faire la manchette en 2018. Après trois ans de fonctionnement, l’entreprise ne valorise que de 20 à 25 pour cent des résidus qu’elle reçoit et a dû stopper deux de ses trois lignes de tri, dont l’efficacité est en deçà des attentes. À cela s’ajoute une poursuite de 3 millions $ intentée par le fournisseur de ses équipements en raison d’un litige financier.
Bien que préoccupante, cette situation ne devrait toutefois pas occulter le fait que l’Estrie affiche, année après année, l’un des plus hauts taux de collecte au Québec, souligne la directrice du CREE.

« Évidemment, l’idéal serait d’en arriver à ne plus avoir de bac noir, mais ce que les résultats démontrent, c’est que la collecte fait maintenant partie des habitudes des citoyens », dit-elle en citant les exemples de prises en charge vécues à Coaticook, Magog, Lac-Mégantic ainsi que dans le petit village de St-Adrien, situé dans la MRC des Sources.

Enfin, Mme Caron émet le souhait qu’en 2018 la Ville de Sherbrooke puisse recréer sa division Environnement, fusionnée dans le cadre d’une réorganisation des services municipaux. « On comprend que l’environnement fait toujours partie des services qu’offre la Ville de Sherbrooke, mais sur le plan du message que cela envoie (dans la population), il est toujours préférable que le mot environnement soit rattaché à une division. Ça rend l’environnement plus visible… »