Les usines des entreprises manufacturières rouvriront le 11 mai, mais les façons de faire seront ajustées pour respecter les consignes gouvernementales, notamment celle de la distanciation sociale.
Les usines des entreprises manufacturières rouvriront le 11 mai, mais les façons de faire seront ajustées pour respecter les consignes gouvernementales, notamment celle de la distanciation sociale.

Les entreprises manufacturières planifient leur réouverture

Plusieurs mesures sanitaires ont été mises en place pour assurer la protection des employés des entreprises manufacturières qui rouvriront leurs usines le 11 mai prochain. Mais l’évolution des carnets de commandes inquiètent davantage les dirigeants interrogés que la planification de la réouverture.

Verbom planifie la réouverture de ses trois usines, deux à Sherbrooke et une à Valcourt.

« Nous prendrons la température de tous les employés à leur arrivée. On a prévu 30 minutes entre les quarts de travail pour éviter que les équipes se croisent. Tous nos postes de travail sont à un minimum de 2 mètres de distance. Nous avions déjà plusieurs stations pour le lavage des mains et nous avons acheté tous les produits désinfectants nécessaires. Nous avons acheté des visières pour l’ensemble de nos employés et nous avons 3000 masques non médicaux à leur disposition » résume Éric Chenevert, président de Verbom, qui ajoute que l’entreprise a fait don de 500 masques N95 qu’elle avait en sa possession au CIUSSS de l’Estrie - CHUS.

Verbom compte 285 employés. « À partir du 11 mai, les employés seront rappelés progressivement en respectant les consignes gouvernementales. On croit que l’ensemble des employés seront revenus au travail le 25 mai », note le président du spécialiste en transformation du métal en feuille.

Pour les deux usines de Sherbrooke, le nombre d’employés par quart de travail ne dépassera pas les 50 employés permis par le gouvernement. Pour l’usine de Valcourt, qui compte 150 employés, Verbom ne dépassera pas les 50 employés plus 50 pour cent de l’excédent.

« On a aussi 70 employés en télétravail », ajoute M. Chenevert.

La cafétéria a aussi été aménagée pour que les gens respectent le 2 mètres de distance.

« On est prêt. Notre défi n’est pas de planifier notre réouverture, c’est davantage de prévoir quand et à quelle vitesse nos clients rouvriront. Est-ce qu’ils pourront reprendre la cadence d’avant la COVID-19? On a des mises à jour quotidiennes, mais elles varient », note le président de Verbom.

Même son de cloche du côté de Mesotec .« Le confinement n’est pas notre principal problème et le déconfinement ne changera pas grand-chose pour nous. Notre problème est la chute du marché. Par exemple, environ 25 ou 30 % de notre production est liée à l’aviation commerciale, un marché qui a déjà chuté de 50% », explique Philippe Constancis, président de Mesotec.

Une portion des activités de Mesotec, jugée essentielle, s’est poursuivie malgré la pandémie.

« Certains secteurs ont été fermés, mais nous sommes toujours restés en opération à 60%-65% du niveau d’avant COVID-19, car certains de nos clients, comme Pratt & Whitney Canada, ont été jugés essentiels. Une première vague de mises à pied nous a permis de respecter les règles de distanciation sociale », note Philippe Constancis, président de Mesotec.

L’entreprise, qui comptait 180 employés avant la pandémie, a dû mettre à pied une cinquantaine de travailleurs à la fin mars. Une vingtaine d’employés supplémentaires ont été mis au chômage après que le marché eut chuté. Les employés de bureau font du télétravail avec une alternance des présences à l’entreprise. La cafétéria et les toilettes ont été adaptées pour respecter les consignes gouvernementales et le lavage régulier des mains est obligatoire.

« Le 11 mai certains employés seront rappelés. On parle de 25 personnes qui travailleront dans le secteur de l’outillage ou de l’équipement pour les lignes d’assemblage », mentionne M. Constancis, ajoutant que c’est le carnet de commande qui dictera le rythme des rappels d’employés.

« Pour les mois d’avril et de mai, on se qualifie pour la subvention gouvernementale de 75% des salaires alors ça nous permettra d’en rappeler davantage. Aussi, nous ferons du temps partagé pour maintenir le lien d’emploi avec le maximum de nos travailleurs », explique le président de Mesotec.