Les femmes entrepreneures du centre-ville comptent partager une table d'expertise et former un groupe d'acheteuses afin de favoriser l'acquisition de propriétés immobilières, a signalé Hélène Rochon, chargée de projet à la Corporation de développement économique communautaire, en dévoilant les résultats d'une étude visant à produire un portrait des quelque 200 entrepreneures qui ont pignon sur rue au centre-ville.

Les entrepreneures du centre-ville passent à l'action

Les entrepreneures du centre-ville de Sherbrooke passent à l'action afin de prospérer davantage. La création d'un espace de travail partagé, d'une table d'expertes et d'un groupe d'acheteuses d'immobilier sont les trois solutions mises en branle à la suite d'une étude réalisée en 2016 sur l'entrepreneuriat au féminin au Centro.
Financée par Condition féminine Canada, cette étude réalisée par la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) de Sherbrooke visait à produire un portrait des quelque 200 entrepreneures du centre-ville et à proposer des pistes d'action pour soutenir leur présence. Ces femmes occupent actuellement 38 pour cent des 580 places d'affaires privées au centre-ville.
«L'étude a démontré que les entrepreneures avaient un problème du côté de l'accès à la propriété. Effectivement, seulement 7 pour cent des femmes entrepreneures du Centro sont propriétaires de l'immeuble qui les abrite alors que ce pourcentage monte à 42 pour cent pour les hommes. C'est pourquoi notre première action passe pas l'immobilier. Des entrepreneures du centre-ville se regrouperont dans les prochains mois pour former un groupe d'acheteuses et un groupe de travail sur les femmes et l'immobilier sera aussi formé», explique Hélène Rochon, chargée de projet à la CDEC, précisant que 70 pour cent des entrepreneures questionnées jugent que la qualité des locaux de leur commerce est essentielle à leur prospérité.
La propriétaire de Catherine Imagine travaille à la mise sur pied d'un premier groupe d'acheteuses et selon Gilles Marcoux, de Commerce Sherbrooke, les occasions d'affaires ne manquent pas au centre-ville.
«Le projet Well inc. qui s'en vient n'est pas juste un projet de développement économique, mais aussi de revitalisation urbaine. Présentement, il y a des propriétés accessibles qui sont à vendre au centre-ville et il y a aussi de l'espace vacant et accessible pour les femmes qui souhaitent démarrer une entreprise», note M. Marcoux précisant que le coût locatif moyen au centre-ville est de 10$ le pied carré alors qu'il est de 35$ à la Cité du parc et de 20$ aux Terrasses Jacques-Cartier.
La copropriétaire du restaurant Lupa a témoigné des avantages d'être propriétaire de son immeuble. «On fixe le prix de notre loyer selon nos budgets, les améliorations locatives effectuées sont des investissements qui restent dans nos poches, on peut choisir nos locataires et c'est une façon de préparer nos vieux jours», explique Sophia Beltrano.
La mise sur pied d'une table d'expertes est la solution choisie pour remédier à la difficulté d'accès à un soutien technique abordable et adapté qu'ont les entrepreneures.
«Une dizaine de femmes expertes dans divers domaines, soit le droit, la comptabilité, le marketing, les ressources humaines, les médias, donneront une banque d'heures par année et ces expertes pourront se déplacer chez les entrepreneures du centre-ville», a expliqué Martine LeHoux, de Femmessor Estrie, précisant que cette initiative existe dans d'autres régions.
Pour ce qui est de l'espace de travail partagé, le lieu n'a pas encore été dévoilé, mais il servira de lieu d'échange.