Josée Pérusse, professionnelle en titre au Club de golf Sherbrooke.

Les clubs de golf doivent s’adapter devant la diminution du nombre de joueurs

Comme partout ailleurs au Québec, le nombre de golfeurs qui arpentent les allées des clubs de golf de l’Estrie est en diminution par rapport au début des années 2000. Sans parler de crise, les gestionnaires de clubs de golf admettent qu’ils doivent aujourd’hui faire des pieds et des mains pour attirer — voire maintenir — une clientèle qui a déjà été beaucoup plus « fidèle » à son club qu’elle ne l’est depuis quelques années.

Plusieurs facteurs expliquent la baisse d’achalandage à laquelle font face la grande majorité des clubs de golf de l’Estrie. Parmi les facteurs les plus souvent mentionnés par les gestionnaires de golf interrogés par La Tribune, on note le temps, l’argent... et le vieillissement.

À une époque où tout va de plus en plus vite, la possibilité de pouvoir passer quatre heures sur un terrain de golf ne convient plus à tout le monde. D’où la popularité entourant les droits de jeu de neuf trous (au lieu de 18) et pour l’achat de forfaits dits « flexibles ».   

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« Les gens, aujourd’hui, n’ont plus le temps de jouer 18 trous, confirme Jacques Huot, professionnel au Club Manoir des Sables, à Orford. Les membres qui jouaient entre 75 et 100 parties, ça n’existe plus. Aujourd’hui, les gens achètent des livrets de dix, vingt ou trente droits de jeu. Et ils en achètent de différents clubs pour pouvoir jouer entre amis. 

« Le sentiment d’appartenance à un club n’existe pratiquement plus », ajoute M. Huot, dont le club compte 270 membres en règle.

Yves Breton, directeur général du Club de Coaticook, dresse sensiblement le même constat. « Ce n’est pas seulement une question de temps, dit-il. Il y aussi l’aspect financier. Les gens recherchent de plus en plus les aubaines. Ils vont sur des sites internet, comme Groupon, Promoposte, etc... C’est rare que les gens vont payer le plein prix », admet le directeur du Club de Coaticook, où on dénombre 190 membres.

Rentabilité

Alors qu’à une certaine époque, la vente de cartes de membres pouvait représenter jusqu’à 50 % des revenus d’un club, celles-ci ne comptent plus aujourd’hui que pour le tiers des recettes d’un club. Pour ce qui est des autres sources de revenus, elles proviennent des tournois et des joueurs de passage, indique-t-on. 

Cette nouvelle réalité fait en sorte que les clubs doivent de plus en plus s’ajuster aux besoins de leur clientèle, indique Josée Pérusse, professionnelle en titre au Club de golf Sherbrooke. « Aujourd’hui, la conciliation travail-famille fait en sorte que c’est plus difficile pour les couples de trouver le temps de jouer. C’est pour ça que les forfaits sont de plus en plus populaires », dit-elle.

« Aujourd’hui, pour être rentable, ça prend des tournois ou des soirées-bénéfices, convient Yves Breton, de Coaticook. Ça permet d’aller chercher des revenus intéressants, à la fois pour les clubs et pour les organismes qui les organisent », ajoute le directeur, qui voit à l’organisation d’une douzaine de tournois par année.

La relève

Tous les clubs de golf disent accorder une attention particulière à la relève... avec plus ou moins de succès. 

« On met beaucoup d’efforts là-dessus, dit Yves Breton. Une fois par semaine, le mardi, on donne des cours à une vingtaine de jeunes. » 

Au Club de golf de Sherbrooke, Josée Pérusse a mis sur pied des camps junior et intermédiaire qui comptent une vingtaine de membres.

« Ce qui est difficile, c’est de les attirer, admet Yves Breton. On est en compétition avec le soccer et le baseball ou même le hockey. Et de plus en plus de jeunes pratiquent un seul sport, mais sur toute l’année. »