Les propriétaires Natacha Bruguier, Ricardo Palma et Carlos Palma ne veulent pas que la Ville de Magog adopte son règlement permettant aux commerçants d’accueillir les VR dans leur cour.

Les campings inquiets de l'ouverture de Magog

Les gestionnaires de différents campings de la région de Magog aimeraient limiter les dégâts après que la Ville ait accordé le droit aux détenteurs de véhicules récréatifs de passer la nuit dans les cours de certains commerces.

La propriétaire du Camping Magog Orford, Natacha Bruguier, est très amère. « Je suis contre, parce qu’on vient d’investir 1,2 million de dollars pour usine d’épuration, des jeux d’eau et des glissades. Les gens qui viennent au camping, on les envoie manger à Magog, on les envoie à la plage à Magog, au cinéma et magasiner à Magog. Nous sommes comme un centre touristique et ils veulent nous faire compétition », commente-t-elle.

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« Même s’ils disent que ce sera une seule nuit, je ne sais pas comment ils vont contrôler ça. Pour les événements, ils vont pouvoir se stationner hors des campings. On travaille fort pour notre business et l’on ne va pas dans les jambes de personne », se plaint la propriétaire du camping.

Par ailleurs, la Ville de Magog n’a pas consulté son camping, selon Mme Bruguier. « Si la ville avait été à l’écoute, elle serait venue nous voir. Ils auraient dû faire le tour des campings, nous demander ce que l’on en pensait. J’ai une hypothèque, des taxes et des employés à payer comme tout le monde. Je ne trouve pas ça correct. »

« Le conseiller Yvon Lamontagne m’a dit que le règlement allait être adopté et qu’on allait pouvoir dire ce que l’on pense après, explique-t-elle. Ça ne va peut-être pas faire bouger les choses, mais au moins, ça va démontrer notre frustration. »

Une tendance nord-américaine

Le directeur des opérations de l’est du Canada pour Parkbridge Lifestyle Communities inc., Sylvain Gauthier, pense que ce règlement était inévitable. « Tu ne peux pas changer une tendance nord-américaine, pense-t-il. Ça fait longtemps que les Walmart ont commencé à accepter des VR dans leur stationnement. La différence, c’est que Magog n’est pas une ville de transit, c’est une destination. Ça change un peu la donne. » « Partout ailleurs au Québec, les villes sont en train d’autoriser ça, continue-t-il. J’ai demandé à la mairesse de bien encadrer ce règlement. Il ne faut pas qu’il y ait de charge, car ça devient de l’hébergement illégal. Où ça m’agace, c’est lorsqu’ils disent qu’ils vont pouvoir faire ça dans les événements. Est-ce qu’il va y avoir une liste d’événements prédéterminée? Il ne faudra pas que les gens s’inventent des événements, car s’ils dorment dans une cour quelques jours, ça entre directement en compétition avec nos terrains. »

Selon lui, la Ville de Magog doit s’assurer de bien encadrer la réglementation. « Ça a dégénéré dans quelques places au Québec. À Rivière-du-Loup, les gens couchent dans les cours de commerces durant quelques jours, ils sortent leur barbecue sur le stationnement, même chose pour les chaises longues. C’est aussi bien d’avoir un règlement et de l’encadrer que de déraper », résume-t-il.