Le prix des légumes pourrait bondir de 4 à 6 %, notamment en raison de sécheresses en périodes de récolte, surtout aux États-Unis et au Mexique.

Les aliments plus chers en 2019, sauf la viande et le poisson

HALIFAX — Les Canadiens paieront plus cher à l’épicerie l’an prochain, surtout lorsqu’ils achèteront des légumes.

Le prix moyen annuel du panier d’épicerie devrait augmenter de 400 $, selon le Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation 2019, réalisé par des chercheurs de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, et de l’Université de Guelph, en Ontario.

Le rapport signale cependant que les prix de la viande, des fruits de mer et du poisson devraient baisser.

Le prix des légumes pourrait bondir de 4% à 6%, notamment en raison de sécheresses en périodes de récolte, surtout aux États-Unis et au Mexique.

Le professeur Sylvain Charlebois, spécialiste de la distribution et des politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie et coauteur du rapport, explique la hausse anticipée du prix des légumes par le phénomène El Niño.

«Cela amène beaucoup d’humidité en Asie et en Amérique du Sud, mais moins en Amérique du Nord, et il y a déjà un manque d’eau pour cette partie du continent, souligne le chercheur. Cela pourrait empirer les choses. La production va être à la baisse et on va devoir payer probablement plus cher pour importer certains produits au Canada.»

Il y a un an, une hausse de 4% à 6% pour cent du prix des légumes avait également été anticipée par le même groupe de recherche, et c’est exactement ce qui s’est produit, avec une hausse de 4,8%, selon M. Charlebois.

Par ailleurs, le coût des repas au restaurant et des aliments «prêts à manger» pourrait augmenter de 2% à 4% l’an prochain, d’après l’étude.

Le prix des céréales, des produits laitiers, des fruits, des noix et des oeufs devrait aussi augmenter, mais dans une moindre mesure.

Le professeur Charlebois signale que la baisse anticipée du prix de la viande, de 1% à 3%, s’explique par une perte d’intérêt des consommateurs, surtout pour le boeuf.

Le président général de l’Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, affirme que les producteurs de boeuf n’ont pas à paniquer pour autant.

«La demande pour le boeuf, oui à l’échelle nationale, elle est en baisse, admet-il. Par contre, à l’échelle mondiale, la demande est forte, alors les stocks s’ajustent rapidement. Si la demande canadienne baisse, les fournisseurs vont vers d’autres marchés.»

Moins de viande

L’équipe de chercheurs observe depuis quelques années qu’un nombre grandissant de Canadiens mangent moins de viande à la faveur de sources de protéines qu’offrent le poisson et les légumineuses, notamment. De plus, certains ont été découragés par la forte hausse du prix du boeuf en 2014 au Canada, alors que les prix avaient crû de 25% en six mois.

D’après Sylvain Charlebois, le boeuf a depuis perdu des parts de marché.

Quant aux poissons et autres produits de la mer, leurs prix pourraient descendre de 2% l’an prochain.