Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão : « Ce que nous avons fait dès notre arrivée en 2014 a été de reprendre le contrôle des finances publiques ».

Leitão : « Là, on a les moyens »

Le ministre des Finances Carlos Leitão se défend d’avoir proposé aux Québécois, mardi, une Mise à jour économique et financière électoraliste.

« On a fait ce qu’on a fait maintenant parce que c’est maintenant qu’on a les moyens. Ça aurait été électoraliste d’annoncer des baisses d’impôts ou d’énormes dépenses additionnelles si on n’avait pas les moyens. S’il fallait retomber en déficit ou aller piger dans le fonds des générations, ça, ça aurait électoraliste. Mais là on a les moyens », maintient le ministre en entrevue téléphonique avec La Tribune au lendemain de la mise à jour du gouvernement provincial qui, à moins d’un an des élections d’octobre 2018, offre 1 milliard de dollars de cadeaux aux électeurs.

Et si son gouvernement a autant de cadeaux à distribuer de manière stratégique, ce n’est pas, selon le ministre Leitão, parce que le Parti libéral a demandé aux Québécois de trop se serrer la ceinture au cours des dernières années.

« Je ne pense pas. Ce que nous avons fait dès notre arrivée en 2014 a été de reprendre le contrôle des finances publiques. On était engagé, en 2014, dans une tendance qui était très dangereuse. C’est-à-dire que les dépenses du gouvernement augmentaient à un rythme très élevé. Un rythme qu’on n’avait pas les moyens de soutenir à moyen ou long terme. Si on n’avait rien fait, on se serait retrouvé avec des déficits de l’ordre de 7  milliards de dollars alors que nous étions déjà sous surveillance par les agences de crédit. Maintenant que les finances publiques sont rééquilibrées, tout le monde peut commencer à profiter de cela avec des réductions d’impôts », souligne le ministre des Finances.

« Pas acceptable »

Questionné à savoir s’il était acceptable qu’une personne âgée soit confinée dans son lit en CHSLD pendant plus de 36 heures, un cas rapporté récemment par les médias, le ministre répond que non. « On a dégagé, mardi, une marge additionnelle pour le ministère de la Santé et des Services sociaux de 105 M$ par an sur six ans. Mais pour revenir au cas mentionné, non ce n’est pas acceptable. Il va falloir que ce soit mieux géré. Mais par exemple il peut y avoir deux ou trois CHSLD soumis aux mêmes règles budgétaires et aux mêmes réalités. Il y a des CHSLD qui gèrent très bien et dans d’autres établissements, des situations comme celle-là se produisent. C’est trop facile de dire que c’est à cause du manque de ressources. Il faut voir comment ces institutions sont gérées localement. » Même si une grande portion des réinvestissements provient des mesures d’austérité du gouvernement, le ministre insiste pour dire que la marge de manœuvre aujourd’hui disponible provient de la croissance économique.

« On a une croissance de l’emploi. Aussi on paie beaucoup moins d’intérêt sur la dette notamment parce que notre cote de crédit est meilleure », explique M. Leitão soutenant que la baisse du taux d’imposition, qui est passé de 16 à 15 % pour les premiers dollars gagnés, est une mesure récurrente qui est là pour rester. Même après les prochaines élections.

Le gouvernement a annoncé un réinvestissement de 337 millions $ sur six ans en éducation, notamment pour l’embauche de professionnels au primaire. Qu’en est-il pour les investissements dans les institutions universitaires? « Un investissement supplémentaire de 20 M$ par an pour l’ensemble des universités. Mais je ne peux pas vous dire quelle proportion ira aux universités de Sherbrooke », mentionne le ministre précisant que le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur annoncera dans les prochaines semaines comment ces 20 M$ seront distribués entre la douzaine d’établissements universitaires québécois.