Le président d’IceWorks animation, Sylvain Viau, espère obtenir un soutien financier à la hauteur de ses attentes afin de produire des épisodes supplémentaires de la série Amos, chasseur de masques. À gauche sur la photo, on aperçoit Elie Klimos, le réalisateur de la série.

Le temps presse pour IceWorks

L’entreprise IceWorks animation et son président, Sylvain Viau, ont confondu les sceptiques en amorçant, l’an dernier, la production des 13 premiers épisodes de la série Amos, chasseur de masques. Des dizaines d’autres épisodes pourraient être produits, mais il faudra pour cela que le gouvernement du Québec soutienne le producteur financièrement, ce qui n’est pas encore assuré.

L’automne dernier, IceWorks a acheminé une demande en vue d’obtenir un prêt ou une garantie de prêt de 2,9 millions $ de la part d’Investissement Québec. Cette somme lui permettrait de boucler son montage financier pour la production de 26 épisodes additionnels d’Amos, chasseur de masques.

Sylvain Viau avait déjà déposé la même demande alors que le Parti libéral du Québec était au pouvoir. Or, même si Québec avait démontré de l’intérêt pour son projet, l’homme d’affaires avait finalement essuyé un refus de la part du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec.

« J’ai redéposé ma demande après l’élection de la Coalition avenir Québec en octobre (CAQ). J’ai senti le soutien de ce parti autant avant les élections que durant la dernière campagne électorale et je m’attends à ce que le dénouement soit positif maintenant. D’ailleurs, le député d’Orford, Gilles Bélanger, a poussé fort pour que notre série d’animation marche », fait valoir M. Viau.

D’après les informations obtenues par La Tribune, IceWorks devrait recevoir une réponse de Québec à court terme. Le dossier serait entre les mains du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

Évidemment, Sylvain Viau estime que le projet de son entreprise mérite pleinement le soutien financier réclamé. Il souligne d’ailleurs que Cinesite, une entreprise étrangère œuvrant dans le domaine de l’animation, a été soutenue par Investissement Québec après avoir annoncé la création de centaines d’emplois à Montréal, en 2016. « Ce serait bien d’offrir l’équivalent aux producteurs québécois », lance-t-il.

Une cinquantaine de personnes œuvrent présentement à la création de la série d’animation Amos, chasseur de masques dans les bureaux d’IceWorks à Magog. Une trentaine de travailleurs pigistes sont également associés au projet.

« Des gens que nous avons embauchés sont sur le point de terminer leur mandat avec nous parce que, pour le moment, on ne sait pas s’il y aura d’autres épisodes qui seront faits. Ils vont patienter avant de décrocher un nouvel emploi ailleurs, mais ils ne pourront pas attendre indéfiniment. On ne voudrait pas les perdre alors on a besoin d’une réponse à court terme. »

Des ventes

La nouvelle série d’animation d’IceWorks serait présentée à la télévision à compter de septembre 2020. La Société Radio-Canada ainsi que la chaîne TFO ont déjà prévu l’offrir à leur auditoire.

« On est en étroite relation avec Radio-Canada et TFO. Les deux chaînes nous donnent leurs commentaires par rapport à l’évolution de notre travail. On travaille sur plusieurs épisodes en parallèle, mais on planifie de compléter les deux premiers en juillet prochain. Le travail avance selon le rythme de notre calendrier de réalisation », révèle M. Viau.

Autant Radio-Canada que TFO sont intéressées à diffuser plus de 13 épisodes de la série, qui redonnera vie au populaire personnage Amos Daragon. IceWorks voudrait en produire 78, sinon davantage encore.

« Pour faire exploser les ventes internationales, ça prend un minimum de 39 épisodes, affirme Sylvain Viau. J’ai produit dans le passé une série d’animation appelée Totaly Spies qui s’est vendue dans plus de 200 pays. Ça avait été une aventure extraordinaire et j’aimerais refaire ça avec Amos. »

Notons qu’une partie du financement pour Amos, chasseur de masques provient de sources privées. Perro éditeur, l’homme d’affaires Guy Lamarre et le président d’IceWorks ont notamment injecté des fonds dans le projet. La MRC de Memphrémagog et la Ville de Magog ont aussi fourni une aide financière à la hauteur de leurs moyens.