Au mois d’août dernier, des travailleurs de l’usine Kruger s’étaient postés à l’intersection King-Jacques-Cartier pour alerter l’opinion publique sur l’importance de relancer leur usine.
Au mois d’août dernier, des travailleurs de l’usine Kruger s’étaient postés à l’intersection King-Jacques-Cartier pour alerter l’opinion publique sur l’importance de relancer leur usine.

Le syndicat de Kruger demande l’heure juste

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Les membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses des pâtes et papier de Brompton – CSN (STTPPB) souhaitent éclaircir les rumeurs à propos d’une potentielle relance de l’usine. Ils désirent obtenir plus de détails de la part de leur employeur.  

Depuis l’arrêt définitif de la production de papier journal par l’usine Kruger, il y a plus de sept mois, ces travailleurs sont sans emploi. Les derniers mois ont été remplis d’incertitude et d’inquiétudes pour ces derniers et nombre d’entre eux attendent impatiemment une éventuelle relance. 

Les syndiqués ont décidé de prendre les grands moyens pour se faire entendre en écrivant directement au président du conseil et chef de la direction de Kruger, Joseph Kruger, afin d’obtenir des précisions entourant les rumeurs de relance. 

« Tous les membres de notre syndicat vont donc lui faire parvenir une lettre lui demandant de nous préciser, dès que possible, ce qui adviendra des emplois à notre usine. Nous interpellons également le gouvernement de François Legault et nous lui demandons des éclaircissements rapides en lien avec ces rumeurs », explique le vice-président du STTPPB, Kevin Lepage. 

Des travailleurs ont été rappelés dans les dernières semaines afin de faire un retour temporaire au travail. « Concrètement d’un côté, on voit qu’il se passe quelque chose sur le terrain, mais de l’autre côté c’est le silence absolu. On s’explique mal l’attitude des ressources humaines locales. Nous ne savons plus sur quel pied danser. Nous exigeons plus de clarté de la part de l’employeur. Il y a des incohérences et nous commençons un peu à être épuisés. » 

Le STTPPB soulève un manque de communication entre les deux parties. « Comme on le sait, l’usine a annoncé la fermeture définitive des machines à papier au mois de septembre. Ensuite, il y a eu le congédiement d’environ 150 personnes sur 175. Il y a eu des discussions pour des projets de relance au mois de septembre. Ça avait donné des informations qui étaient plutôt positives, mais depuis ce temps-là, on n’a pas eu vraiment de mise à jour », ajoute M. Lepage. Il souligne également que le site de l’ancienne usine n’est pas désuet et qu’il a toujours du potentiel. 

Des travaux à la centrale de cogénération

De son côté, le vice-président principal aux affaires corporatives et communications de Kruger, Jean Majeau, évoque que le mouvement sur l’ancien site est expliqué par des travaux réalisés actuellement sur la centrale de cogénération. « La centrale de cogénération, qu’on a redémarrée le 28 septembre, doit subir un entretien annuel. On va rappeler une cinquantaine de travailleurs pour faire ça. Il y a déjà des gens qui sont sur le site de la centrale pour préparer les travaux d’entretien. C’est pour ça qu’il y a de l’action sur le site. » 

Les travaux d’entretien débuteront le 4 décembre, et ce, pour une période de neuf jours. Dans une réponse officielle, Kruger mentionne que ces travaux permettront de chauffer ses installations durant l’hiver, tout en approvisionnant Hydro-Québec en énergie verte. 

Divers scénarios continuent d’être analysés afin de mettre en place un plan d’affaires viable à long terme pour l’usine de Brompton, mentionne l’entreprise dans un échange de courriel avec La Tribune

Kruger paiera ses dettes

Le gouvernement du Québec révélait jeudi, lors de sa mise à jour économique, qu’il ne s’attendait pas à revoir de sitôt le 125 M$ qu’il a prêté à Kruger pour la construction d’une usine de fabrication de papier tissu à Sherbrooke. 

Le vice-président principal aux affaires corporatives et communications de Kruger, Jean Majeau, soutient que Kruger sera en mesure de rembourser ses dettes dans les délais prescrits. « Nous remboursons nos prêts. Nous sommes un bon citoyen corporatif. Le projet de Sherbrooke avance très bien et il est dans les temps. L’usine sera pleinement opérationnelle comme prévu en février 2021 », assure M. Majeau.