Steve Lussier

Le RPHL demande au maire un moratoire sur les logements sociaux

Le Regroupement des Propriétaires d'Habitations locatives (RPHL) demande au maire élu de Sherbrooke Steve Lussier d'instaurer un moratoire sur la construction de nouveaux logements sociaux, le temps de sonder le marché locatif aux prises avec un taux d'inoccupation élevé, estime le RPHL.

À quelques heures de l'assermentation du nouveau maire, le RPHL demande à ce dernier de mettre en veilleuse tout nouveau chantier de logements subventionnés afin de procéder à une évaluation du marché locatif à Sherbrooke.

Le RPHL estime en effet que le marché locatif est en crise au Québec et que Sherbrooke, avec un taux d'inoccupation de 6,7 % se situe « parmi les plus élevés » de la province. De plus, ce taux augmente sans cesse depuis plusieurs années, soumet le RPHL.

Cette situation fait en sorte que « de nombreux logements sont déjà disponibles et permettent dès aujourd'hui à des milliers de locataires de se loger de façon convenable », affirme le RPHL par la voix de son président, Martin Messier. « Les propriétaires sont vraiment à bout de souffle à force de jongler avec la méthode actuelle de calcul d'augmentation de loyer désuète, les augmentations de taxes, le rajeunissement du parc locatif afin de rivaliser avec les nouvelles constructions », affirme M. Messier.

Une des solutions à la construction de logements sociaux, selon la directrice adjointe du RPHL, Annie Lapointe, est d'instaurer un programme d'aide à la personne, du type supplément au loyer, afin que la personne puisse elle-même choisir son logement.

Mesures inadéquates

Les demandes formulées par le RPHL sont inadéquates, selon l'Association des locataires de Sherbrooke, qui réclame la reconduction du programme prévoyant la construction de 100 logements sociaux par année à Sherbrooke jusqu'en 2024.

Selon son coordonnateur, Normand Couture, des mesures telles que le supplément d'aide au loyer réclamée par le RPHL existent depuis déjà plusieurs années et n'ont pas empêché la détérioration du parc locatif et encore moins la discrimination envers les locataires.

« Chaque année, on reçoit des appels de propriétaires ayant des locataires aux prises avec des problématiques de santé mentale. Ces propriétaires nous disent qu'ils ne sont pas des travailleurs sociaux et on est bien d'accord avec ça », affirme M. Couture. « Ces gens-là sont mieux encadrés dans des logements sociaux. »

Pour ce qui est du taux d'inoccupation, M. Couture l'attribue en bonne partie au fait que les nouveaux logements qui ont vu le jour ces dernières années s'adressent surtout au marché de moyen et haut de gamme.

Or, ajoute M. Couture, les données du dernier recensement indiquent qu'un ménage sherbrookois sur trois (34,3 %) consacre déjà plus de 30 % de ses revenus au logement. « Or, la Société canadienne d'hypothèque et de logement dit que les ménages qui consacrent plus de 30 % de leurs revenus au loyer s'exposent à connaître des problèmes financiers. »