La présentation du projet Quartier Well Sud, nouvelle appellation du Quartier Well inc., a réuni plusieurs acteurs du milieu sherbrookois lundi. C’est d’ailleurs l’unanimité nouvelle autour du dossier qui a retenu l’attention lors des allocutions.

Le Quartier Well Sud reçoit l’appui du milieu

« Le changement, c’est la mobilisation des gens. C’en est toute une différence », a lancé le maire Steve Lussier.

Craintifs de la direction que prenait Well inc., les intervenants des milieux communautaires et culturels, de même que les membres de l’Association des gens d’affaires du centre-ville, ont rangé les tambours pour accorder leurs violons avec ceux des élus.

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« Dans la Ville avec un grand v, il y a aussi la ville avec un petit v. Le petit v signifie vision », a lancé Christian Bibeau, directeur de la Corporation de développement communautaire de Sherbrooke, qui agissait comme animateur de la conférence de presse lundi.

Le Quartier Well Sud a donc un nouveau nom. Une nouvelle signature visuelle aussi.

« C’est une appellation simple, éloquente, pour un sentiment d’appartenance qui ne se démode pas », précise Christian Bibeau, qui a parlé d’une œuvre collective en pleine création.

Les intervenants du milieu ont d’ailleurs été très présents au cours de cette conférence de presse pour formuler leur appui à un projet qui demeure somme toute assez flou.

On sait néanmoins que le périmètre du projet de revitalisation de la rue Wellington Sud ne change pas. Combien de places de stationnement comptera le nouveau projet? Impossible de savoir. Les promoteurs participant à l’appel de propositions devront-ils nécessairement être sherbrookois? Le conseil doit encore en discuter, répond-on.

Y aura-t-il encore deux tours sur la rue Wellington Sud, dans la nouvelle mouture? « Nous traçons les grandes lignes, mais nous ne voulons pas tuer la créativité. Nous voulons quelque chose qui frappera l’imaginaire. Nous voulons être de notre temps, que ça reflète une ville intelligente, de nouveaux courants », résume Chantal L’Espérance, présidente du comité de revitalisation du centre-ville.

Mme L’Espérance ajoute que si le concept proposé permet de préserver ne serait-ce que la façade de l’Hôtel Wellington, il pourrait obtenir plus de points lors de l’évaluation de la Ville.

L’appel de propositions devait d’abord être lancé en mai, selon les espoirs de Steve Lussier. Ce sera plutôt en juillet. « Nous avons pris un peu plus notre temps pour avoir de la qualité », dit le maire. On laissera environ quatre mois aux promoteurs pour déposer leur projet. La décision des élus sur le concept choisi est souhaitée avant les Fêtes.

M. Lussier n’a pas voulu chiffrer la valeur du nouveau projet. « C’est avec les appels de proposition que nous le verrons.

« Nous avons récupéré les éléments significatifs de Well inc. Nous croyons toujours au moteur que représente l’entrepreneuriat, mais nous avons décidé d’ajouter un volet de développement durable et un pôle culturel d’envergure. Je suis très fier », a dit Steve Lussier.

M. Lussier ajoute que le conseil réfléchit à la gestion et à l’accessibilité du stationnement public à reconstruire. « Nous travaillons aussi à agrandir le périmètre admissible au programme d’aide à la rénovation des bâtiments et des locaux commerciaux. Les propriétaires du secteur de la rue Wellington Sud pourront d’ici quelques semaines être admissibles à ce programme. »

Projets sur la table

Les projets sur la table incluent un incubateur culturel, une maison de l’alimentation, un centre de jour, des espaces de coworking et un laboratoire d’innovation sociale. Rien de bien nouveau sous le soleil. Un guichet unique pour les entrepreneurs est aussi prévu. Le pôle culturel sera jumelé à un incubateur numérique sous la supervision de Sporobole.

Plusieurs actions sont attendues dès cet été, dont la réalisation d’un parc éphémère sur le site de l’ancien Maysen Pub. Du nouveau mobilier urbain sera installé sur la rue Wellington Sud au cours des prochaines semaines. Une corvée de nettoyage au centre-ville sera organisée et la population sera invitée à y participer. Le Festival Amalgam créera une murale et graffitera le mobilier urbain.

La consultation publique concernant le Plan directeur d’aménagement et de développement du secteur Wellington Sud, annulée en mars, sera quant à elle reprise cet automne.

Enfin, les élus, mais aussi les membres du comité aviseur pour la revitalisation du centre-ville, ont participé à une visite à Montréal, vendredi, pour s’inspirer des projets de revitalisation qui y ont connu du succès. Parmi ceux-là, le quartier Griffintown, un ancien quartier ouvrier, et Technopole Angus, un quartier des affaires. « Je retiens la mixité comme valeur ajoutée d’un projet de revitalisation », résume Sylvie Bergeron.

« Nous sommes allés voir leurs expériences pour ne pas faire d’erreur. C’est un plus d’avoir fait ça. Il faut de tout, autant de la culture, du communautaire, du social, du commerce de proximité », a pour sa part réagi Steve Lussier.