La mairesse d’Austin Lisette Maillé croit qu’avec le projet de l’entreprise Civimétrix, la municipalité pourrait être dotée d’un réseau de télécommunication à la fin pointe, « qui sera une primeur mondiale à certains égards ».
La mairesse d’Austin Lisette Maillé croit qu’avec le projet de l’entreprise Civimétrix, la municipalité pourrait être dotée d’un réseau de télécommunication à la fin pointe, « qui sera une primeur mondiale à certains égards ».

Le projet de fibre optique à Austin toujours sur les rails

Jean-François Gagnon
Jean-François Gagnon
La Tribune
Le projet de réseau de fibre optique que caresse Austin continue à cheminer. La mairesse de la municipalité, Lisette Maillé, ne sait pas quand exactement l’investissement prévu se matérialisera, mais elle paraît confiante qu’une annonce sera effectuée durant les prochains mois.

L’historique de ce projet n’est pas simple à résumer. Partenaire de la municipalité d’Austin, l’entreprise Civimétrix a dû relever une série de défis au cours des dernières années. Des délais imprévus au départ se sont ainsi ajoutés justement en raison des défis rencontrés.

« À l’origine, on avait décidé d’investir 1,75 million $ dans la création de ce réseau. Mais, après maintes vérifications, on s’est aperçu que nous, en tant qu’organisation municipale, on ne pouvait d’aucune manière injecter de l’argent dans une compagnie privée comme Civimétrix. On a cherché toutes sortes de façons pour faire ça et on n’a trouvé aucune issue », explique la mairesse Lisette Maillé.

Lorsqu’il est devenu clair qu’Austin ne pourrait investir dans ce projet évalué à 10 M$, la compagnie recrutée par la municipalité a été forcée de combler le trou dans le financement.

Or, Lisette Maillé note que le financement public potentiel, en provenance des gouvernements supérieurs, a également diminué dans la foulée de l’élection de la Coalition avenir Québec, ce qui a vraisemblablement eu des impacts sur le dossier.

« Civimétrix est à la recherche de partenaires intéressants pour un projet à long terme, qui sera une primeur mondiale à certains égards. Son propriétaire, Marc Girard, dit que des partenaires sont sur le point de signer avec lui », révèle Mme Maillé.

La mairesse d’Austin mentionne à ce sujet que, s’il peut sembler dispendieux, le projet élaboré permettrait de doter sa municipalité, en tout ou en partie, d’un réseau de télécommunication à la fine pointe, par surcroît ouvert à tous les fournisseurs sans préférence. « Tant qu’à investir, on préfère être deux ou trois étapes en avant des technologies qu’on retrouve généralement sur le territoire en ce moment. »

Des « délais partout »

Mme Maillé sait que des citoyens sont impatients de voir le réseau de fibre optique promis être mis en place. Mais elle se sent bien impuissante devant la situation. « Ce n’est pas la municipalité qui gère concrètement le dossier et, en plus, c’est très complexe tout ça », remarque-t-elle.

Lisette Maillé fait également valoir que de nombreuses municipalités, au Québec, sont confrontées à de longs délais quand il est question d’améliorer un service internet peu efficace. « Il y a des MRC qui ont des problèmes aussi », soutient-elle.

D’autre part, la mairesse d’Austin rappelle qu’il appartient d’abord aux gouvernements provincial et fédéral de s’assurer que le service internet est adéquat sur tout le territoire. « On n’a pas d’obligation de fournir ça aux gens », lance-t-elle, tout en soulignant faire tout en son possible pour que le dossier avance.

Des citoyens n’y croient pas

Le projet de Civimétrix fait jaser à Austin. Un groupe de citoyens baptisé Les Contribuables d’Austin se montre fort critique à son égard et considère que la municipalité devrait laisser tomber rapidement.

« Moi, je fais partie des gens qui sont mal desservis actuellement à Austin en matière d’internet. J’ai droit à une vitesse de seulement 10 Mo à la seconde et je dois souvent nettoyer ma soucoupe en hiver. Je sais que la municipalité supporte les démarches de Civimétrix, mais moi je n’y crois pas », lance Jocelyn Plante, porte-parole des Contribuables d’Austin.

M. Plante affirme que le projet piloté par l’entreprise demeure nébuleux, et ce, malgré qu’il en soit question sur la place publique depuis quelques années déjà. « Personne n’a vu les plans et le propriétaire de l’entreprise, Marc Girard, est un fantôme », affirme-t-il.

Dans la foulée, il soutient que l’enfouissement des fils, prévu par le promoteur, risque de rendre le futur réseau de fibre optique plus fragile. « On nous parle d’un réseau à la fine pointe de la technologie qui rendrait la télémédecine et la télésurveillance possible, mais je ne pense pas que les citoyens d’ici aient besoin de ce genre de chose », renchérit-il.

Jocelyn Plante est d’autant plus déçu de la tournure des événements que la MRC de Memphrémagog travaille sur un projet qui pourrait permettre d’améliorer le service internet dans de multiples secteurs de ce territoire au cours des années à venir.

« J’ai l’impression que les choses vont stagner chez nous jusqu’à ce que Civimétrix finisse par lâcher. Malheureusement, en attendant que ça arrive, on est exclu du projet de la MRC de Memphrémagog. J’ai donc peur que, à la fin de tout ça, nous nous retrouvions le bec à l’eau. » 

Jocelyn Plante, porte-parole des Contribuables d’Austin, s’estime mal desservi en matière d’internet.