Noémie Drapeau

Le projet de «biergarten» est mort à Magog

Les promoteurs du projet de « biergarten », Emmanuelle Ouimet et Ian Jeffrey, tournent définitivement le dos à Magog et tenteront de concrétiser leur projet dans une autre ville.

Au cours des derniers jours, différents sites d’implantation à Magog ont été étudiés ou proposés pour le Lovering Biergarten, mais aucun n’a finalement été retenu. Un terrain situé à proximité de l’intersection des rues Merry Nord et Principale Ouest intéressait les promoteurs, mais la majorité des membres du conseil municipal était opposée à ce qu’il accueille leur projet.

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« On nous a proposé des terrains comme celui du Rigolfeur. Toutefois, ce ne serait pas des emplacements intéressants pour nous. Il faudrait que le biergarten soit situé dans le quadrilatère du centre-ville pour être viable. C’est vraiment un concept pour un secteur urbain », soutient Ian Jeffrey.

Bien que le premier choix des promoteurs soit maintenant Bromont, ils auraient été approchés par cinq municipalités durant les dernières semaines. On retrouverait parmi elles Sherbrooke, Sutton et Granby.

« On doit parler avec Bromont pour voir ce qu’il est possible de faire et quand, souligne M. Jeffrey. On sait que le temps avance et que les délais sont courts si on veut être prêt pour l’été prochain. On verra ce qui arrive. »

Une pétition

Lors de l’assemblée publique du conseil municipal de Magog de mardi, Noémie Drapeau a déposé une pétition de près de 2500 noms ayant circulé par l’entremise d’un réseau social. Cette pétition appuyait les démarches d’Ian Jeffrey et de sa conjointe.

« On ne veut pas que la Ville de Magog fonce les yeux fermés dans ce dossier, a déclaré Mme Drapeau. Par contre, on demande que le dossier soit soumis au registre. »

Un autre citoyen, Jean-Dominique Viens, a pour sa part confié au micro, durant la même assemblée, qu’il sentait un fort vent d’appui au projet de biergarten dans le secteur de Magog.

« Je n’ai pas rencontré une seule personne qui était contre, a indiqué M. Viens. Quoi qu’il en soit, je me demande ce qu’on aurait à perdre en autorisant ce projet de commerce sur une artère commerciale. »

Également citoyen de Magog, David Morin a quant à lui avoué son incompréhension devant les tiraillements liés au dossier du Lovering Biergarten. « Mon opinion n’est pas faite, a-t-il admis. Je trouve juste ça triste de voir qu’on se déchire pour un microprojet qui serait là trois à quatre mois par année. Et je suis surpris parce qu’il y a des enjeux comme la deuxième glace ou l’usine d’épuration en parallèle. »

« Je ferais comme eux »


Malgré sa déception, la mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, reconnaît qu’elle ne peut rien reprocher aux promoteurs du Lovering Biergarten. « Je ferais comme eux, si j’étais à leur place, et je tenterais ma chance ailleurs. Je leur souhaite de réussir, car ils proposent quelque chose d’intéressant », lance-t-elle.

Cela dit, Mme Hamm croit qu’une réflexion concernant les méthodes de consultation de la Ville s’impose, si on souhaite éviter que des tiraillements inutiles surviennent à nouveau après le dépôt de projets sensibles. « Je constate qu’on ne vit pas de tels problèmes dans tous les secteurs d’activités. Mais ça devient plus compliqué lorsqu’on touche au tourisme ou au centre-ville », remarque-t-elle.

Rappelons que le projet d’hébertisme urbain baptisé Divertigo avait provoqué une importante levée de boucliers à Magog l’an dernier. Son promoteur, Marco Patry, avait finalement décidé de se tourner vers Bromont pour concrétiser sa vision et il y avait été accueilli à bras ouverts.