Le fiscaliste Luc Godbout présentait jeudi le Bilan de la fiscalité au Québec -Édition 2020, réalisé par la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques.

Le poids fiscal en hausse

« On aurait pu penser, avec les annonces de réduction d’impôts faites au cours des dernières années, que le poids global dans l’économie de la fiscalité était en baisse au Québec, mais ce n’est pas le cas. Il est au contraire légèrement en hausse passant de 37,9 % du PIB en 2015 à 38,6 % en 2018 », explique le fiscaliste Luc Godbout, dans le cadre de la présentation, jeudi, du Bilan de la fiscalité au Québec — Édition 2020, de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques.

À l’instar du Québec, cette tendance haussière se retrouve pour les moyennes des pays de l’OCDE et du G7. En 2018, le Québec avait toujours le poids le plus élevé de la fiscalité des dix provinces canadiennes. Par contre, l’écart entre le poids de la fiscalité au Québec et dans le Canada sans le Québec, qui était de 7,6 points de pourcentage en 2014 et de 8,5 points en 2016, a été réduit à 6,4 points de pourcentage en 2018.

« Le poids de la fiscalité au Québec a, depuis 1981, toujours été plus élevé que pour la moyenne des pays du G7 et de celle des pays de l’OCDE. Évidemment, on a aussi davantage de services publics en échange de tout cela, explique le fiscaliste. Il se rapproche davantage des taux observés dans les pays européens que de ceux des voisins nord-américains. »

Au Québec, les recettes fiscales ont été prélevées à 49,1 % par l’administration québécoise, à 32,3 % par l’administration fédérale, à 9,4 % par les administrations locales et à 9,2 % par les régimes de pension.

Avec 169,4 milliards de dollars de recettes fiscales collectées au Québec par l’ensemble des administrations publiques en 2018, une hausse de 9,3 G$ par rapport à 2017, le poids de la fiscalité au Québec représentait 38,6 % du PIB en 2018. En regard du poids de la fiscalité en % du PIB, l’insertion du Québec dans une comparaison avec les trente-six pays membres de l’OCDE, le classait en 12e position sur 37 des pays présentant le poids le plus élevé.

La manière de prélever les recettes fiscales au Québec diffère de ce qui se fait en moyenne dans les pays de l’OCDE. Certaines différences se sont accentuées dans le temps alors que le Québec et la moyenne des pays de l’OCDE avaient comme première source de recettes fiscales l’imposition des revenus en 1981. « Les impôts sur le revenu sont restés en première position au Québec », indique M. Godbout, précisant que, dans la moyenne des pays de l’OCDE, ils ont glissé à la troisième source en importance, devancés maintenant à la fois par les taxes à la consommation et les cotisations sociales.

Profil du contribuable québécois

En 2016, selon les dernières données disponibles, plus de 70 % des contribuables québécois déclaraient un revenu total sous la barre des 50 000 $.

Parmi les provinces, ce taux est un peu plus élevé qu’au Québec dans les provinces maritimes tandis qu’à l’autre extrême, il est de 59,2 % en Alberta.

Si, globalement, les revenus d’emploi représentent la plus grande part des revenus totaux, la composition du revenu total change selon le niveau de revenus.

Comme par les années passées, en 2015, 70 % des impôts sur le revenu au Québec sont payés par 20 % des contribuables les plus riches, qui obtiennent plus de la moitié des revenus totaux.

Le Bilan de la fiscalité au Québec — Édition 2020 prend de plus en plus d’ampleur, année après année. « On a commencé à faire ce bilan de façon officieuse, puis officielle. On est passé d’environ 40 tableaux explicatifs à 80. C’est un document dense qui ne se lit pas nécessairement d’un bout à l’autre, mais qui sert de référence tout au long de l’année », résume Luc Godbout