«Ça prend de la vision et de la clairvoyance pour appuyer un projet non conventionnel comme le nôtre», dit Fernande Ouellet, avicultrice et porte-parole de la coop Le petit abattoir.
«Ça prend de la vision et de la clairvoyance pour appuyer un projet non conventionnel comme le nôtre», dit Fernande Ouellet, avicultrice et porte-parole de la coop Le petit abattoir.

Le petit abattoir prend son envol

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Après plusieurs mois d’incubation, l’initiative Le petit abattoir, destinée aux petits producteurs de volaille, prendra bientôt son envol à Granby.

La coopérative de solidarité vient d’obtenir une aide financière de 375 315 $ des gouvernements québécois et canadien. Cette somme servira à adapter quatre conteneurs maritimes en une unité d’abattage qui répondra aux normes de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Selon l’évolution de la demande, elle sera utilisée de façon permanente ou constituera une première étape avant la construction d’une unité fixe.

Porte-parole de la coop, l’éleveuse d’oies et de canards Fernande Ouellet a qualifié la nouvelle d’«extraordinaire», lundi. «Ça prend de la vision et de la clairvoyance pour appuyer un projet non conventionnel comme le nôtre», dit l’avicultrice de Granby.

Le parc industriel granbyen est ciblé pour accueillir le mini-abattoir, mais la coop attend sa construction afin de choisir un emplacement. Elle est présentement en demande de soumissions et invite les entrepreneurs locaux à communiquer avec elle.

Le petit abattoir souhaite «faciliter l’émergence d’une agriculture écologique, de proximité, capable de vitaliser les territoires et d’augmenter l’autonomie alimentaire de la communauté». Il en manque au Québec: pour sa production d’animaux élevés en pâturage, Mme Ouellet fait affaire avec un abattoir... de l’île d’Orléans.

L’initiative pourrait inciter des producteurs avicoles à augmenter leur cheptel ou à diversifier leur production, dit-elle. «Ce sera un outil de développement rural.»

Ce projet avait servi de prétexte à du vandalisme commis par des militants véganes contre deux restaurants montréalais partenaires, en janvier dernier. Mme Ouellet dit ne pas craindre d’autres éventuels coups d’éclat. «Nous, on fait ce qu’on a à faire», dit la propriétaire de Rusé comme un canard.

Répondre aux besoins

L’aide a été attribuée en vertu du Programme d’appui à la compétitivité des abattoirs régionaux du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, financé par l’Accord Canada-Québec de mise en œuvre du Partenariat canadien pour l’agriculture. Le coup de pouce a aussi été rendu possible grâce au Fonds d’appui au rayonnement des régions du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.

Le petit abattoir «répondra aux besoins des petits producteurs régionaux, mais aussi aux attentes des consommateurs qui recherchent des produits locaux», a souligné le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et député de Johnson, André Lamontagne, dans un communiqué.

«Les entreprises comme Le petit abattoir sont vitales pour contribuer au dynamisme de l’agriculture du Québec. Leur présence et leurs actions facilitent l’émergence d’une agriculture de proximité, capable d’augmenter l’autonomie alimentaire de la communauté.»

En février dernier, la coop Le petit abattoir avait reçu une aide de 4685 $ de la MRC de la Haute-Yamaska. Le Chantier d’économie sociale, en partenariat avec le Gouvernement du Canada, couvre les frais de ressources humaines. Une campagne de sociofinancement démarrée en décembre a également permis d’amasser 23 901 $.

Outre Mme Ouellet, le chef Simon Mathys, l’enseignement en boucherie Martin Campbell, l’agriculteur Marc Séguin et l’experte en financement d’entreprises collectives Carole Verreault participent aussi à la coop.

Le secteur des abattoirs au Québec représente 4 600 emplois, soit le tiers des emplois dans le secteur des viandes.