«Ces décrets fournissent une aide considérable et un soutien à la croissance économique. Donc je pense qu’on peut en rester là, puisqu’on entre dans ce que je crois être une reprise économique durable», a déclaré mercredi Larry Kudlow sur la chaîne Fox Business.
«Ces décrets fournissent une aide considérable et un soutien à la croissance économique. Donc je pense qu’on peut en rester là, puisqu’on entre dans ce que je crois être une reprise économique durable», a déclaré mercredi Larry Kudlow sur la chaîne Fox Business.

Le nouveau plan d’aide économique américain bat de l’aile

Julie Chabanas
Agence France-Presse
WASHINGTON — Les discussions entre les démocrates et la Maison-Blanche sur un nouveau plan d’aide à l’économie étaient toujours au point mort mercredi, et le conseiller économique de Donald Trump a estimé qu’il n’était plus indispensable depuis les décrets pris par le président américain.

«Ces décrets fournissent une aide considérable et un soutien à la croissance économique. Donc je pense qu’on peut en rester là, puisqu’on entre dans ce que je crois être une reprise économique durable», a déclaré mercredi Larry Kudlow sur la chaîne Fox Business.

«Nous avons besoin d’argent ciblé », notamment pour permettre aux écoles de rouvrir sans risque, une priorité du président, a-t-il précisé.

La Maison-Blanche négocie depuis deux semaines avec les responsables démocrates au Congrès. Leur dernière rencontre, vendredi, a échoué.

Donald Trump a donc signé samedi quatre décrets, sur un gel des charges salariales, une aide supplémentaire aux chômeurs, des protections contre les expulsions et un report du remboursement des emprunts étudiants. Ils risquent toutefois d’être contestés en justice.

«Il est évident que l’administration (de Donald Trump) ne saisit toujours pas l’ampleur des problèmes auxquels les familles américaines font face», ont réagi dans un communiqué les responsables démocrates au Congrès, Nancy Pelosi et Chuck Schumer.

«Nous avons de nouveau dit clairement à l’administration que nous sommes prêts à reprendre les négociations dès qu’ils aborderont le problème sérieusement», ont-ils ajouté.  

Les démocrates veulent plus

Les discussions achoppent notamment sur l’enveloppe totale : les démocrates veulent monter à 3000 milliards de dollars tandis que les républicains veulent la limiter à 1000 milliards. Les démocrates proposent un compromis à 2000 milliards, refusé par la Maison-Blanche.

«Si nous n’injectons pas davantage (d’argent) dans l’économie, dans la lutte contre ce virus, afin que nous puissions ouvrir notre économie, afin que nous puissions envoyer nos enfants à l’école en toute sécurité et (pour tout) le reste, cela ne fera qu’empirer», a dit Nancy Pelosi sur la chaîne MSNBC.

En face, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin a déclaré sur Fox Business : «Nous disons “dépensons un peu plus de 1000 milliards de dollars, qui auront un impact considérable sur l’économie maintenant” […]. Et si nous devons faire plus, nous reviendrons» pour négocier.

Selon lui, les démocrates rechignent à trouver un accord, à moins de trois mois de l’élection présidentielle parce que «peut-être qu’ils pensent que n’importe quel accord serait bon pour le président».

Il a toutefois précisé que les deux camps avaient réussi à s’entendre sur les aides aux écoles, crèches, petites et moyennes entreprises, pour les vaccins, les hôpitaux, les collectivités locales.

Au-delà de 2020

En revanche, le montant d’une aide supplémentaire accordée par le gouvernement fédéral aux chômeurs, qui a pris fin le 31 juillet, reste un grand point de désaccord.

Ceux-ci recevaient 600 dollars par semaine depuis le mois d’avril, mais les républicains veulent en réduire le montant. Le décret signé par Donald Trump l’a temporairement prolongée, et a établi à 400 dollars par semaine son montant temporaire.

Ces aides «ont soutenu le produit intérieur brut» en permettant aux chômeurs de continuer à consommer, et doivent être prolongées, même d’un montant inférieur à 600 dollars, a plaidé le président de la Fed de Dallas Rob Kaplan lors d’une intervention vidéo mercredi à la Chambre de Commerce de Lubbock (Texas).

Il a longuement insisté sur la nécessité, pour permettre à l’économie de se relancer, de suivre les recommandations sanitaires, et notamment le port du masque :  si nous ne suivons pas (ces protocoles) […] l’économie repartira plus doucement».

«Nous devons apprendre à vivre avec ce virus» au-delà de 2020, a-t-il encore déclaré.