Les propriétaires du Liverpool, Annie Faucher et Charles Gauthier, ont accueilli près d'une centaine d'invités, mardi soir,  pour célébrer les 25 ans de l'établissement qui a pignon rue Wellington Sud. -

Le Liverpool célèbre ses 25 ans

Le 9 octobre 1988, Charles Gauthier est entré au restaurant La Petite Bouffe, situé au 28 Wellington Sud, et c'est Annie Faucher qui l'a servi. « Il a commandé une petite poutine et un Coke », se souvient cette dernière. Le 25 mars suivant, le couple se mariait.
À l'époque, Charles travaillait un peu partout au Québec comme technicien de son et il s'était arrêté sur la Well pour visiter l'immeuble que son père venait d'acheter. Depuis, il n'est jamais reparti. Annie et Charles forment une équipe et c'est à cette même adresse, au 28 Wellington Sud, qu'ils ont passé les 25 dernières années de leur vie professionnelle à la tête du salon de billard Le Liverpool.
« Toute notre vie est bâtie autour du concept de travail d'équipe. Au départ, on est une solide équipe de deux personnes. C'était important pour nous d'être une équipe et c'est pour cette raison que tout fonctionne », explique Mme Faucher.
À l'équipe formée d'Annie et Charles s'est greffée une équipe d'une trentaine d'employés fidèles. « On a une rétention du personnel assez exceptionnelle pour le milieu dans lequel on évolue. On a plusieurs employés qui ont travaillé avec nous pendant 10 ans. Un d'entre eux a été avec nous pendant 18 ans. On aura travaillé avec quatre générations. Quand on a commencé, on avait un baby-boomer avec nous. Après on a travaillé avec la génération X, la génération Y et là, les millénaires arrivent. Ça garde jeune », note la volubile Mme Faucher.
L'entreprise appartenait d'abord au père et au frère de Charles Gauthier, Pierre et André, mais c'est le couple qui a géré l'établissement au quotidien depuis 1992. Annie au service à la clientèle. Charles à l'administration.
Ils se complètent bien. L'ancienne chanteuse qu'est Annie Faucher à l'avant-plan. Le technicien de son qu'est Charles à l'arrière-plan, comme lorsqu'il était derrière la console.
« On pensait pas être là 25 ans plus tard. Par contre, on était certains qu'on était des oiseaux de nuit et qu'on aimait le centre-ville. Et aujourd'hui, on est fiers de ce qu'est le Liverpool, car c'est un endroit à notre image, c'est-à-dire chaleureux et sans prétention », ajoute Mme Faucher.
De 1993 à 2001, des investissements majeurs sont faits notamment par l'ajout de salons privés, d'un salon de dégustation de cigares et de plusieurs tables de billard et espaces de type causerie. L'offre de divertissement passe alors de 15 à 34 tables de billard et la superficie exploitée augmente de 5000 à 15 000 pieds carrés.
Le couple rachète finalement les actions du père en 2006 et du frère en 2015.
Mère Teresa de la Well
À l'équipe initiale se sont ajoutés deux fils, maintenant âgés de 21 et 17 ans. « Il y avait toujours un de nous deux qui restait à la maison le soir. On alternait. Et quand il y avait des événements importants, la grand-mère ou la marraine aidait. On parle toujours d'un travail d'équipe », souligne celle qu'on appelle, à cause de son engagement envers le centre-ville, la mère Teresa de la Well.
Parce qu'Annie Faucher siège au conseil d'administration de l'Association des gens d'affaires du centre-ville de Sherbrooke. Elle fait partie du comité de Bouffe ton Centro et de Sherblues and Folk. Elle a aussi été impliquée dans l'élaboration du plan du Centre-ville 20/20. Elle agit régulièrement comme porte-parole de la rue Wellington et a déjà été sacrée personnalité de l'année du centre-ville.
Au cours du dernier quart de siècle, le couple en a vu des transformations au centre-ville. Alors que le Ronnie, le Well Pub, le Graffiti, le Rolling Stones ont fermé leurs portes, Le Liverpool est toujours bien vivant. 
Certains quarantenaires se rappellent peut-être les soirées bar ouvert au début des années 1990.
« C'était 8 $ pour bière et fort de base à volonté. Jeudi, vendredi, samedi. Il y avait 300 personnes qui entraient dans la première heure et les files d'attente étaient longues », se souvient Mme Faucher qui au fil des ans est souvent allée reconduire des clients éméchés chez eux en fin de soirée.
« De Monsieur Foucault à Madame Boo, on en a vu passer des gens. Plusieurs couples se sont aussi formés au sein de l'équipe du Liverpool et aussi parmi notre clientèle », note la tenancière.
L'entreprise a connu de belles années. D'autres plus difficiles. En 2000-2001, quand la Ville a procédé à la réfection de la rue Wellington Sud. Lors de la crise économique de 2008. Mais après deux années plus tranquilles, les affaires en 2016 et 2017 sont excellentes. Ce qui laisse présager que l'équipe du Liverpool n'est pas près de se dissoudre.