Le Groupe SM sous protection de la Cour depuis le 23 août dernier

Le Groupe SM, une firme de Montréal native de Sherbrooke et oeuvrant dans les secteurs de l'ingénierie et des nouvelles technologies, annonce mercredi qu'elle bénéficie depuis le 23 août dernier de la protection de la Cour et qu'elle s'est donc placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Dans un bref communiqué, la direction de la compagnie se dit confiante de pouvoir élaborer un plan financier et opérationnel qui assurera la pérennité de l'entreprise.

En agissant de la sorte, la direction financière de Groupe SM souhaite bénéficier du temps nécessaire pour mettre en place une stratégie visant la restructuration de ses actifs et lui permettant ainsi de remplir le plus rapidement possible ses engagements envers ses créanciers.

Le Groupe SM signale que la démarche légale n'a aucun effet sur ses activités et ses engagements professionnels auprès de ses clients.

La compagnie fondée en 1972 ajoute que sa relance se fera avec l'aide de spécialistes en redressement.

UPAC

En septembre 2017, on apprenait que le fondateur de Groupe SM, le Sherbrookois Bernard Poulin, figurait parmi les personnes arrêtées par l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Au total, huit personnes soupçonnées de fraude, de corruption, de complot et d'abus de confiance dans les affaires municipales de la Ville de Montréal avaient été mises aux arrêts.

Le nom du fondateur de la firme de génie avait été entendu lors des audiences de la Commission Charbonneau. On avait appris qu'il avait été sur le yacht de Tony Accurso en compagnie de Bernard Trépanier.

L'UPAC signalait que l'enquête avait commencé en 2014. Elle met en cause une trentaine de contrats pour des services professionnels, majoritairement en matière de génie, qui ont été octroyés par la Ville de Montréal.

L'enquête tend à démontrer qu'il existait un réseau de firmes de génie-conseil, de fonctionnaires municipaux ainsi que d'un élu qui, entre eux, avaient élaboré un système de partage de contrats en échange de financement politique, de ristournes sur la valeur des contrats de 160 millions $ mis en cause ou d'autres avantages personnels.

Sous la gouverne de Bernard Poulin, la firme SM a connu un immense succès, décrochant plusieurs contrats, à l'étranger notamment.

Bachelier en génie de l'Université de Sherbrooke, Bernard Poulin avait décelé, alors qu'il était encore étudiant, toutes les possibilités qui s'offraient en 1972 à une entreprise spécialisée dans l'analyse des sols. Le Laboratoire SM, qui a fait ses premiers pas dans le sous-sol d'un bungalow de la rue Metcalfe, est devenu avec le temps le Groupe SM International.

La firme de génie-conseil s'est spécialisée dans les secteurs de l'ingénierie, de la gestion de la qualité, de l'environnement et des technologies de l'information. À partir de ses bureaux de Sherbrooke et d'ailleurs dans la province, elle s'étendue sur d'autres continents.

- Avec Claude Plante