Le président d’Alliance Magnésium, Joël Fournier

Le fédéral octroie 12 M $ à Alliance Magnésium

DANVILLE — Alliance Magnésium peut compter sur l’appui du gouvernement canadien, qui a accordé une subvention de 12 M$ à l’entreprise. Cette contribution devrait lui permettre de créer 70 emplois et construire une usine dans la région d’Asbestos. L’entreprise extrait le magnésium des résidus d’amiante afin de couler des lingots et de les vendre, notamment à l’industrie automobile.

« On transforme les résidus dans un procédé propre où on détruit toute fibre d’amiante et on le fait de façon très sécuritaire, explique le président d’Alliance Magnésium, Joël Fournier. Ensuite, on produit un métal qui sert à réduire l’émission des gaz à effet de serre, surtout dans le domaine des transports. Ça contribue à la réduction des gaz à effet de serre pour les voitures à essence, mais c’est une part essentielle dans le domaine de l’électrification des véhicules, car la réduction du poids permet d’augmenter l’autonomie des voitures. »

« Notre magnésium va se retrouver partout aux États-Unis et au Canada, poursuit-il. Ça va avoir un impact global. »

Cette subvention, issue du fonds Technologies du développement durable Canada (TDDC), servira à la deuxième phase du projet de l’entreprise, explique la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, venue annoncer la nouvelle. « C’est vraiment des technologies propres qui nous permettront de valoriser les résidus miniers, de prendre ces déchets et d’en faire des ressources. On n’utilise pas l’amiante, on la détruit. C’est une excellente nouvelle pour l’environnement et
pour la région. »

Cet investissement arrive quelques mois après que le gouvernement du Québec ait octroyé une subvention de près de 31 M$ à cette même entreprise. Au total, ce projet coûtera 104,9 M$.

Moins cher qu’en Chine

Selon M. Fournier, l’entreprise Alliance Magnésium n’a pas à envier les entreprises chinoises. « Le procédé qu’on a développé ici permet d’avoir des coûts de production inférieurs à ceux de la Chine. Il faut savoir que la Chine utilise un très vieux procédé qui avait été développé au Canada dans les années 1960, qui n’est plus valide d’un point de vue de consommation d’énergie et de pollution importante. Ils requièrent cinq fois plus de main-d’œuvre, trois fois plus d’énergie et polluent 16 fois plus que nous », explique-t-il.

De plus, l’entreprise a de la matière pour longtemps. « Ici, derrière, reprend-il en pointant les haldes de résidus, sur une simple petite partie, on en a pour 250 ans d’opération, à pleine capacité, à 50 000 tonnes. Les résidus qu’il y a derrière contiennent 25 % de magnésium, ce qui est exceptionnel. Le quart de la montagne, c’est du magnésium métal à 4000 $ la tonne actuellement. Ça a une valeur économique incroyable pour la région, sans compter tout le potentiel de l’extraire, mais aussi d’en faire la transformation éventuelle pour créer des pièces automobiles ou toutes sortes de choses qui pourraient se développer au niveau économique dans la région », résume Joël Fournier. 

« Encore meilleur » que l’âge d’or d’Asbestos

« Est-ce qu’Asbestos pourra revivre ce qu’elle a déjà vécu? Moi je pense que ça va être encore meilleur », a affirmé le maire d’Asbestos et préfet de la MRC des Sources, Hugues Grimard, après la conférence de presse confirmant les 12 M$ octroyés à Alliance Magnésium.

« Depuis un certain temps, on fait de la diversification économique, indique M. Grimard. Alliance Magnésium est une pierre parmi celles qu’on met en place pour pouvoir faire notre diversification. On fait une diversification solide. Même si un joueur a plus de difficulté, d’autres joueurs vont prendre sa place pour pouvoir faire le développement et assurer la pérennité. On a des emplois de qualité dans plein d’expertise. La solidité financière de l’ensemble du milieu, c’est important. »

Le défi de la main-d’œuvre 

Selon le maire d’Asbestos, le manque de main-d’œuvre est un enjeu régional important. « Tous les territoires veulent augmenter leur qualité de vie. Nous, on a des objectifs précis pour pouvoir assurer nos entreprises d’avoir une main-d’œuvre compétente, disponible et qualifiée pour pouvoir occuper les postes. On met l’énergie nécessaire comme on l’a fait quand on s’est attardés à la diversification économique », assure-t-il.

Le président et administrateur d’Alliance Magnésium, lui, est sûr de combler ses employés. « On a tous le même défi au niveau des emplois. Pour la première phase, on voit que la ressource est présente, car on reçoit des CV. On est confiants que ça va bien se faire. La prochaine phase à 350 emplois, on est conscients que ça va être un défi et qu’on va devoir s’y mettre rapidement pour commencer à recruter en amont », explique-t-il.

« Le Cégep est impliqué aussi, poursuit-il. On travaille avec plein d’organismes pour être capable de former nos gens et de pouvoir les amener ici pour travailler de manière sécuritaire et être compétents dans ce qu’ils vont faire. »