Le budget du CIUSSS de l’Estrie-CHUS continue de plonger dans le rouge selon les derniers résultats financiers déposés en séance du conseil d’administration, mercredi à Granby.

Le déficit se creuse au CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Le budget du CIUSSS de l’Estrie-CHUS continue de plonger dans le rouge. Au terme des sept premiers mois de son année financière, soit en date du 14 octobre, le déficit d’exploitation s’élevait déjà à 20 millions de dollars.

Une fois de plus, les nombreux congés de maladie ont nécessité l’emploi des heures supplémentaires et de main-d’œuvre indépendante pour pallier les absences. Soulignons toutefois que le plan d’équilibre budgétaire, adopté en octobre, n’était pas en œuvre à ce moment et que le budget annuel du CIUSSS de l’Estrie est de 1,4 milliard de dollars.

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Dans les résultats financiers déposés en séance du conseil d’administration, mercredi à Granby, le déficit détaillé par poste budgétaire démontre que les montants octroyés pour les heures supplémentaires et les primes qui s’y rattachent ont bondi à 8,8 M$, soit 3 M$ de plus en un mois.

Des sommes de 4 M$ ont aussi été déboursées pour l’assurance salaire des employés et les accidents de travail, depuis le début de l’année financière. Cela représente une somme de 700 000 $ seulement entre le 16 septembre et le 14 octobre.

Le poste budgétaire de la main-d’œuvre indépendante embauchée a aussi augmenté à 1,8 M$ depuis le 1er avril.

État de santé couteux

« En termes de natures de dépenses, les enjeux importants associés à la santé humaine de l’établissement continuent de peser de façon significative sur le déficit budgétaire auquel le CIUSSS de l’Estrie-CHUS fait face », peut-on lire dans la présentation des résultats des six premiers mois de son année financière.

Le nombre d’heures supplémentaires a d’ailleurs atteint un sommet lors du sixième mois pour ensuite baisser durant les deux mois suivants, apprend-on dans un graphique présenté dans les documents. En contrepartie, le nombre d’heures de maladies de longue durée poursuit sa croissance et dépassera prochainement les 120 000 heures. 

En octobre, le directeur général adjoint aux programmes de santé physique générale et spécialisée, Dr Stéphane Tremblay, assurait qu’il n’y avait pas eu de « bris de services ». Il nous a été impossible de savoir si la situation était similaire en novembre, malgré la baisse des heures supplémentaires et l’augmentation des heures de congé de maladie.

La présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Patricia Gauthier, a décliné notre demande d’entrevue. 

Plan d’équilibre budgétaire

Mme Gauthier écrivait, dans une lettre adressée à François Dion, sous-ministre adjoint pour le ministère de la Santé et des Services sociaux, dont une copie est jointe au rapport de septembre, que « depuis le début de l’année 2017-2018, force est de constater un essoufflement dans la concrétisation des mesures d’optimisation prévues dans l’ensemble des directions du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Les ressources économisées au cours des dernières années sont souvent réinvesties pour répondre aux enjeux de renforcement de l’accessibilité et de la qualité des soins et services, et du soutien des directions administratives requis par les secteurs cliniques. »

L’organisation avait obtenu les cibles d’optimisation parmi les plus élevées dans le réseau de la santé lors de la fusion des anciens CSSS.

Le plan d’équilibre budgétaire a été dans son ensemble accepté, mais le ministère a exigé que la prestation de soins de santé ne soit pas touchée et que les mesures n’augmentent pas les heures supplémentaires des employés.

Deux mesures ont en contrepartie été refusées. Elles concernaient une demande de financement supplémentaire pour l’accès priorisé aux services spécialisés et pour les nouvelles molécules.