Les clients qui ont mangé au restaurant Le Bouchon le 20 décembre dernier ont été, sans le savoir, les derniers à le faire. Le resto qui devait rouvrir ses portes ce mardi est fermé définitivement.
Les clients qui ont mangé au restaurant Le Bouchon le 20 décembre dernier ont été, sans le savoir, les derniers à le faire. Le resto qui devait rouvrir ses portes ce mardi est fermé définitivement.

Le Bouchon ferme ses portes

Le Bouchon devait rouvrir le mardi 7 janvier après le congé des Fêtes, mais les portes du restaurant, qui aurait célébré ses 14 ans le mois prochain, demeureront fermées. Même si les propriétaires ont pris la décision de façon réfléchie, c’est avec un pincement au cœur qu’ils tournent la page.

« On y songe depuis un an. Notre bail, d’une durée de cinq ans, arrivait à terme le 31 janvier 2020. On est fatigués. Les horaires en restauration ne sont pas faciles. On a décidé de fermer le restaurant, mais les activités relatives au service de traiteur se poursuivront », notent les partenaires d’affaires et complices dans la vie, Maude Lambert et Stéphane Fournier.

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Le Caffuccino quitte le centre-ville

Le restaurant, qui comptait une soixantaine de places sur trois étages, a été l’hôte de plusieurs mariages et événements. Situé au centre-ville, à quelques mètres de l’hôtel de ville, il a accueilli plusieurs personnalités politiques ou artistiques. Jean Charest, Pauline Marois, Martin Matte, Roy Dupuis, pour n’en nommer que quelques-unes.

« On avait une clientèle très fidèle issue du monde des affaires le midi. Et une tout autre clientèle le soir alors que monsieur et madame Tout-le-Monde venaient en couple ou entre amis », souligne le copropriétaire et maître d’hôtel.

« Plusieurs de nos clients sont devenus des amis au fil des ans. Ils ont vu grandir nos enfants pour qui le restaurant était leur deuxième maison », ajoute la sommelière et entrepreneure.

Premier locataire de l’édifice rénové, le duo avait participé en 2005 à l’élaboration des plans intérieurs de l’immeuble situé à l’intersection des rues Frontenac et Wellington Nord. Le site a la particularité d’offrir une magnifique vue sur les eaux de la rivière Magog.

Du temps en famille

« Le resto a presque le même âge que notre deuxième et plus jeune enfant. C’est un peu notre troisième bébé. Mais maintenant qu’il sera fermé, on pourra passer plus de temps avec nos ados », mentionnent les parents de Renaud, 14 ans, et Mélodie, 17 ans.

Bien des choses ont changé depuis l’ouverture du restaurant le 6 février 2006. La clientèle a accès à davantage d’offres gastronomiques. Les employés sont de plus en plus difficiles à recruter. « Au départ, on avait des piles de CV. Ce n’est plus le cas », souligne-t-elle. « Les jeunes ont le choix, il y a tellement de perspectives d’emploi sur le marché du travail. Et au niveau des salaires, on ne peut pas concurrencer le salaire d’un plombier ou d’un mécanicien », enchaîne-t-il précisant que les horaires de soirs et de fins de semaine n’aident pas les restaurateurs à attirer du personnel.

Stéphane Fournier et Maude Lambert

Maude Lambert était déjà, depuis quelque temps, conseillère en voyage, activité à laquelle elle se consacrera désormais. Stéphane Fournier s’occupera à temps plein, de la maison, du volet traiteur, boîtes à lunch, chef à la maison et événements du Bouchon.

« Les gens qui aiment Le Bouchon pourront encore en manger. Pas ici, au resto, mais au travail, lors d’événements ou à leur chalet », résume Mme Lambert.

« On est très fiers de ce qu’on a réalisé. Merci à tous nos clients qui nous ont permis d’accomplir notre rêve d’être entrepreneurs », conclut le duo.